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« Action collective, intérêt général, lucrativité limitée : l’ESS montre l’exemple »

par Scop La Peniche pour le RTES - le 30 novembre 2011
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Chargé de la politique de la ville pour Angers Loire Métropole, Frédéric Béatse suit également les questions concernant l’économie sociale et solidaire. Il est aussi chargé de la vie associative pour la mairie d’Angers et élu régional pour les Solidarités et la Santé. Ancien chef de projet dans les nouvelles technologies, il conjugue développement de l’ESS avec innovation sociale et économique.

Quelle est la part de l’ESS dans l’économie angevine ?
L’ESS a toujours été un secteur moteur pour l’économie locale. Par ses emplois et ses actions, elle structure la vie locale, son rôle est essentiel pour la cohésion d’un territoire. Je pense tout particulièrement à l’engagement bénévole dans les associations. L’ESS angevine s’est construite autour des associations catholiques puis s’est enrichie d’un grand nombre d’associations laïques. Aujourd’hui, on compte sur le territoire d’Angers Loire Métropole 1700 associations et le monde associatif emploie 28 000 personnes dans le département du Maine-et-Loire. Mais l’ESS, c’est aussi les mutuelles et les coopératives qui sont solidement implantées à Angers comme dans l’ensemble de la région Pays de la Loire. Aujourd’hui 14 % des salariés de la région et de la métropole travaillent dans l’ESS.

Quelle approche privilégiez-vous ?
Notre soutien à l’ESS est transversal et porté par les différents services de la métropole. Nous sommes plutôt dans une démarche de soutien aux projets d’acteurs. Compte tenu de son poids historique et de son importance stratégique, l’insertion par l’activité économique est un des axes forts de nos interventions. Nous avons par exemple aidé à faire aboutir un projet immobilier porté par sept organisations de l’IAE et nous soutenons le travail du réseau Envie et de la Régie de quartier.

Vous appuyez un outil de structuration et développement ?
Nous soutenons le travail de l’Inter-réseau de l’économie sociale angevine, l’Iresa, qui fédère les acteurs de l’ESS locale et départementale. Son rôle est d’accompagner le secteur dans son développement, par exemple en gérant des outils de financement européens. Il participe avec nous à la construction des politiques publiques et à l’information auprès du grand public à l’occasion du Mois de l’ESS, de journées d’information ou au travers de Made in Angers qui développe la visite d’entreprises pour le public et notamment celles du secteur ESS.

Quels sont les points forts que l’ESS pourrait mettre en avant ?
L’ESS n’a pas peur d’expérimenter, d’essayer, les pouvoirs publics doivent mieux l’accompagner. Par nos interventions nous essayons de montrer le rôle essentiel de l’ESS dans le développement durable et l’innovation sociale et économique. Par exemple, avant la création de la CMU, Angers a été précurseur dans la mise en place d’un couverture sociale pour tous grâce à un partenariat entre la collectivité et une mutuelle locale. Aujourd’hui, avec le projet Unitio de développement de l’usage des couches lavables, nous soutenons une action favorable à la fois à l’environnement et à l’insertion professionnelle. Ce projet associe des associations d’insertion, des coopératives, des centres d’accueil petite enfance, des collectivités... A l’heure où on parle beaucoup de clusters pour développer les territoires, l’ESS montre l’exemple par sa capacité à agir collectivement sans perdre de vue les notions d’intérêt général et de lucrativité limitée contenues dans ses statuts. Ces derniers permettent de se rassembler plus facilement autour de valeurs communes aux mondes associatif, coopératif et mutualiste et facilitent ainsi les partenariats.

L’ESS est-elle touchée par la crise ?
Oui bien sûr, cela reste un secteur économique fragile notamment parce qu’il défriche des créneaux qui semblent de prime abord non rentables pour l’économie privée tout en restant attaché aux modes de production et à la qualité de service. Ce travail n’est pourtant pas reconnu à sa juste valeur alors qu’il est essentiel. Une association qui s’arrête, ce sont des emplois qui disparaissent et c’est aussi la perte d’une capacité collective à agir et à produire du lien social et du bien-être. Le retrait progressif de l’Etat pénalise particulièrement le secteur comme on l’a vu encore récemment avec la taxe sur les mutuelles.

Angers Loire Métropole vient de rejoindre le RTES, quelles sont vos motivations ?
Elles sont doubles. Il s’agit d’abord de rejoindre un réseau, centre de ressources et d’échanges utiles à la formation de nos salariés ; mais c’est aussi un acte militant, traduction d’une volonté de porter en réseau ces valeurs et de favoriser leur développement par des mécanismes de soutien innovants.

Photos cc : Jean-Louis Zimmermann

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