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Eco-domaine en Pays d’Auge - Cultivons l’innovation

par Scop La Peniche pour le RTES - le 11 mars 2016
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Parmi les quatorze Pôles Territoriaux de Coopération Économique retenus dans le dernier appel à projets interministériel, il en est un dont l’histoire a vu le jour grâce à un lieu d’exception : le domaine de Bouquetôt (Calvados). Porté par l’association Ecopya (ECO-domaine en PaYs d’Auge) qui anime le PTCE, cet espace de 68 hectares - dont le corps de ferme principal date du 18ème siècle - a pour vocation de croiser innovation et écologie, ruralité et développement local. Rencontre avec Philippe Lecluse, président d’Ecopya et co-fondateur de la SARL KEOPS-Noctam’bulles.

Comment ce projet d’éco-domaine est-il né ?
En 2008, Laurent Lecesve (actuel vice-président d’ECOPYA) cherchait un lieu pour installer son activité de production de spiruline, une micro-algue à forte valeur nutritionnelle. Dans le cadre de ses démarches, un élu lui parle du domaine de Bouquetôt, vaste espace naturel disponible, dont la Communauté de Communes Cœur Côte Fleurie était propriétaire (l’ayant acquis après l’arrêt de toute activité agricole). Le domaine étant une zone de captage d’eau potable pour plusieurs communes avoisinantes, il y a eu tout d’abord un projet de création d’un musée de l’eau potable, qui a finalement été abandonné. La Communauté de communes cherchait donc un nouvel usage, respectueux de l’environnement, pour ce vaste espace. Dans la même période, j’ai moi aussi eu vent de ce domaine dont 20 hectares boisés pourraient accueillir mon activité de cabanes perchées. Mais aucune des deux activités n’avait besoin d’autant de surface ! L’idée a donc été d’ouvrir et de partager le domaine avec d’autres activités liées au développement durable et à l’ESS. Fin 2009, grâce au bouche-à-oreille et à plusieurs réunions de travail, un groupe d’une douzaine de personnes s’est constitué pour rejoindre le futur éco-domaine. Pour formaliser ce regroupement et cette dynamique naissante, l’association Ecopya a été constituée, avec l’objet d’animer et de développer le site.
C’est donc la rencontre entre des porteurs de projets en quête de lieu et la volonté de la Communauté de communes de développer cet espace naturel, qui a fait éclore l’éco-domaine.

Quels sont les partenariats qui ont accompagné le développement de l’éco-domaine ?
Outre la Communauté de communes, qui a été le partenaire de la première heure et reste propriétaire du lieu, la Région Basse Normandie (devenue depuis la Région Normandie), la DIRECCTE Basse-Normandie et Normandie Active ont accompagné dès 2013 le projet et continuent à épauler l’association. C’est d’ailleurs grâce au soutien financier de la Région et de la DIRECCTE qu’Ecopya a pu embaucher son premier salarié en mai 2015, Loïc Le Roy, chargé du développement de l’éco-domaine.
Plus récemment, dans le cadre du PTCE, d’autres partenaires ont rejoint l’aventure, notamment la CRESS Normandie et le Conseil Départemental du Calvados.

Comment fonctionne l’éco-domaine ? Quelle gouvernance avez-vous mise en place ?
L’Eco-domaine regroupe actuellement six activités aux statuts variés (scop, sarl, scic..), membres de l’association Ecopya, ainsi que des adhérents particuliers sympathisants.
Lorsqu’il s’agit d’accueillir une nouvelle activité au sein du domaine, l’association étudie les demandes et accompagne le cas échéant le porteur dans la finalisation de son projet. Ecopya reste donc garante de la cohérence du projet global de l’éco-domaine. Lorsqu’elle estime que le nouveau projet est prêt, il est présenté en Comité de Pilotage pour avis final. Ce Comité est composé d’adhérents d’Ecopya, et de techniciens et élus au développement économique de la Communauté de communes Cœur Côte Fleurie. En ce qui concerne la relation qui unit l’association à la Communauté de Communes et compte-tenu de la nouvelle dimension PTCE, une convention est en cours de rédaction pour attribuer précisément les rôles de chacun.

Qui est en charge de la gestion du bâti et de l’entretien du domaine ?
La Communauté de communes reste propriétaire du site. C’est elle qui en assume l’entretien, ainsi que la rénovation des bâtiments, qui a été fait dans le respect des techniques d’origine. Ensuite, c’est en fonction des besoins des nouvelles activités qui viennent s’installer au domaine que la Communauté de communes déclenche les travaux de finition des locaux. Un bail est alors signé directement entre le porteur de projet et la Communauté.

Sur quel modèle économique s’appuie Ecopya ?
En 2015, la Région a commandé une étude de faisabilité sur le modèle économique d’Ecopya, afin de valider les choix à venir. Cette étude, réalisée entre avril et août 2015, envisageait deux hypothèses, selon que l’éco-domaine soit lauréat de l’appel à projet des PTCE ou non. Dans les deux cas, il était envisagé de développer un tiers-lieu avec des espaces d’accueil, de co-working, de co-formation et d’échanges de pratiques. Pour fin 2016, l’objectif est de lancer la location de la salle séminaire et de l’espace co-working, mais aussi de mettre en place les espaces tests agricoles, en lien avec le réseau RENATA (Réseau National des Espaces Tests Agricoles), l’INRA et les lycées agricoles. Cela permettra à l’association de trouver un équilibre économique, basé sur des financements publics pendant deux ans, puis une autonomie financière à partir de la troisième année.

Que va changer le fait d’avoir été lauréat de l’appel à projet PTCE ?
Cela va permettre de développer les axes d’activités tels qu’ils avaient été pensés à l’origine du projet, et notamment permettre d’améliorer l’ancrage territorial du domaine en ouvrant ses activités aux professionnels, au grand public, aux habitants. Depuis le début, les parties prenantes souhaitent en effet que l’éco-domaine ne fonctionne pas en circuit fermé, mais que soit un lieu qui vive, que chacun puisse s’approprier. En tant que PTCE, l’éco-domaine a vraiment cette spécificité d’être situé entièrement en zone rurale, tout en ayant une perspective très globale en termes d’activités et de publics. Du point de vue financier, la dotation du PTCE permettra à Ecopya d’investir dans l’aménagement des locaux : l’achat de matériel, de mobilier et l’installation d’une cuisine.
On espère que la labellisation permettra au domaine de prendre de l’ampleur, tout en conservant l’esprit d’origine du projet.

La prochaine étape ?
Une activité de lombriculture devrait prochainement intégrer le domaine, dès qu’on aura levé les dernières inquiétudes liées à l’intégration esthétique des tunnels. Une dizaine d’élus a récemment visité le site d’un lombriculteur pour constater l’impact que pourrait avoir ce projet. Ce fut un succès !
Il reste aussi des tas d’idées dans les tiroirs en attente de voir le jour : des champignons sur les branches, du miel… Mais il ne faut pas se précipiter et il vaut mieux avancer doucement, pour un développement solide.

Ecopya dans 10 ans ?
On espère que ça sera un lieu définitivement ouvert ! Et aussi que l’activité des jardins d’abondance, portée par l’association, sera relancée, avec un salarié chargé du jardin en permaculture. Les communes pourraient ainsi mettre au menu des cantines scolaires des légumes biologiques produits ici, à l’éco-domaine…

Les activités de l’éco-domaine

puce La société coopérative High Yield Eco-System (HYES) est la première ferme de production de spiruline a être labellisée bio
puce La SAS Akal Food commercialise spiruline et dérivées culinaires
puce La SARL Keops-Noctam’bulles construit et loue des cabanes dans les arbres
puce Ecurie et élevage de parts est une structure en nom propre avec une double activité d’élevage bovin biologique et de gardiennage de chevaux
puce La SARL FAB21 Formation est un centre de formation professionnelle spécialiste de la performance de l’enveloppe du bâtiment
puce L’association Ecopya porte le développement, l’animation et la promotion du PTCE, ainsi qu’une activité de jardin d’abondance et permaculture.



Pour en savoir plus : ecopya.org/

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