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Entretien avec Denis Hameau - « Il faut se donner les moyens d’aller vers le changement d’échelle de l’ESS, sinon ça restera un beau slogan »

par Martin Besnier - le 6 octobre 2016
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Suite des entretiens avec les nouveaux administrateurs du RTES, avec Denis Hameau, vice-président du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté en charge de l’ESS et président de la commission déléguée à l’ESS à Régions de France (nouveau nom de l’Association des Régions de France). Il revient avec nous sur son parcours et son intérêt pour l’ESS, ainsi que sur ses attentes vis-à-vis du RTES. Un entretien qui est également l’occasion de présenter les pistes d’actions pour la future politique régionale d’ESS en Bourgogne Franche-Comté et de revenir sur les premiers mois de travaux de la commission ESS de Régions de France.

Quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a amené à prendre en charge l’ESS dans le cadre de votre mandat ?

J’ai longtemps occupé des fonctions de management et de dirigeant opérationnel au sein du groupe La Poste, dans des territoires différents allant de territoires très ruraux à d’autres plus péri-urbains ou urbains. J’ai beaucoup travaillé sur la transformation numérique au sein du groupe La Poste, notamment dans la communication interne et je me suis de ce fait aussi intéressé au champ de l’innovation. Quand on m’a proposé cette vice-présidence à l’ESS, cela entrait donc en cohérence avec mon parcours professionnel.

Et plus largement, je trouve le modèle de l’ESS très intéressant dans sa logique d’association des parties prenantes, alors que nous vivons dans une période conflictuelle. A un moment dans notre société où surgissent beaucoup d’interrogations, de peurs mais aussi d’opportunités, je pense qu’on peut s’inspirer de l’ESS, dont le modèle est basé sur la confiance, pour trouver des solutions.

Le 12ème congrès des Régions a eu lieu le 29 septembre dernier à Reims. Pouvez-vous nous présenter l’actualité de la commission ESS de Régions de France (ex-ARF) et les premiers travaux engagés ?

En tant que président de la commission, ma première tâche a été de m’assurer que le champ de l’ESS soit bien pris en compte par les nouveaux présidents de Régions. Via le président de Régions de France, nous leur avons donc envoyé un courrier pour attirer leur attention sur le fait que l’ESS, c’est d’abord de l’activité économique, qui pèse entre 7 % et 12 % de leur PIB régional et que c’est un secteur avec une vraie dynamique en termes d’emplois et d’innovation sociale. Et comme je le disais, l’ESS est aussi un modèle intéressant pour la gouvernance entre les parties prenantes, qui permet d’élargir le champ des financements.

Lors de la première réunion des membres de la commission ESS, qui s’est installée en avril, nous nous sommes entendus pour affirmer que cette commission serait un lieu de transversalité, un lieu pour partager des pratiques inspirantes entre nous et également un lieu pour mieux articuler les dispositifs à créer entre l’État et les Régions. Nous avons donc invité Odile Kirchner, déléguée interministérielle à l’ESS, pour pouvoir davantage co-construire les dispositifs en amont afin qu’ils atterrissent mieux sur les territoires et que les acteurs puissent s’en emparer.

Concernant les premiers travaux engagés, nous allons premièrement recenser les pratiques originales qui sont développées dans les différentes régions. Il y a aussi un travail à engager avec les acteurs financiers pour mieux comprendre leur positionnement, donner de la lisibilité aux acteurs et aux élus, qui lorsqu’ils rencontrent des porteurs de projets ne savent pas forcément vers qui les orienter. Un autre chantier mené en lien avec l’Avise et le Labo de l’ESS vise à trouver de nouveaux critères d’évaluation des projets d’ESS, autres que simplement le PIB, en réfléchissant sur les coûts évités, en valorisant le renforcement des liens sociaux, pour aider les entreprises de l’ESS à mieux valoriser leurs apports à la collectivité, lorsqu’elles montent un dossier par exemple.

Pouvez-vous nous présenter la démarche de concertation en cours pour l’élaboration de la nouvelle stratégie de développement de l’ESS en Bourgogne Franche-Comté et vos pistes d’actions pour la future politique régionale d’ESS ?

En avril dernier, la Région Bourgogne Franche-Comté a invité les acteurs de l’ESS pour un atelier régional participatif afin de nourrir le plan de mandat sur l’ESS. Depuis, nous poursuivons cette démarche de coconstruction avec l’État, les CRESS, les grandes fédérations en vue de la Conférence régionale de l’ESS qui aura lieu le 17 octobre prochain. Cette conférence viendra également nourrir le prochain SRDEII. Il s’agit donc de coconstruire dans la contribution au schéma mais aussi dans la déclinaison de la politique d’ESS. Les objectifs de cette politique régionale seront présentés lors de la Conférence du 17 octobre.

J’avais fixé quelques pistes d’actions, à savoir :
- Assumer que l’ESS contribue à l’économie dans son ensemble, et de ce fait élargir la base en terme de budget, pour que les projets d’ESS puissent être éligibles aux aides dédiées traditionnellement à l’économie dite « classique », tout en gardant les dispositifs spécifiques à l’ESS.
- Faire bénéficier les dispositifs de formation aux acteurs de l’ESS et favoriser, en les préparant, les reprises d’entreprises par des salariés.
- Réfléchir à la création d’un « intégrateur » pour accompagner les projets d’ESS sur les territoires, de leur émergence aux phases de développement, en passant par les dispositifs financiers.
- Favoriser les expérimentations dans le champ de l’innovation sociale.

Par ailleurs, la région Bourgogne Franche-Comté organise un concours ESS jusqu’au 5 octobre.

Vous êtes nouvel administrateur du RTES depuis l’ AG du 16 juin 2016. Quelles sont vos attentes vis-à-vis du réseau ?

Pour le moment, je découvre le RTES. Je pense que c’est une instance intéressante parce qu’elle réunit plusieurs niveaux de collectivités, mais aussi parce que c’est un bon réseau d’appui pour détecter et diffuser les pratiques inspirantes. Je pense qu’il peut y avoir un travail de relais mutuel entre le RTES et Régions de France pour appuyer ces pratiques, montrer les expériences qui marchent. Le RTES est un acteur important pour cette diffusion, qui participe au changement d’échelle de l’ESS.

Et pour moi le changement d’échelle, c’est une belle ambition, ce qui m’intéresse c’est de travailler aux conditions concrètes, aux leviers de ce changement...en diffusant les pratiques inspirantes, en contribuant à l’émergence de projets, en travaillant sur le modèle économique,…. Il faut se donner les moyens d’aller vers le changement d’échelle de l’ESS, sinon ça restera juste un beau slogan, il faut qu’il se traduise dans la réalité !

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