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Entretien avec Marie-Pierre Limoge : "J’axe mon action sur la pédagogie, car quand on sort du monde engagé de l’ESS, on se rend compte qu’elle reste très peu identifiée"

par Martin Besnier - le 10 novembre 2016
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Suite des entretiens avec les nouvelles administratrices du RTES, avec ce mois-ci : Marie-Pierre Limoge, vice-présidente en charge de l’économie collaborative au Conseil départemental des Hauts-de-Seine. Elle revient avec nous sur son parcours d’élue et sur les grands axes de la politique du Conseil départemental des Hauts-de-Seine en matière d’économie collaborative (diffusion de bonnes pratiques, clauses sociales des marchés publics, expérimentation dans l’action sociale, soutien aux tiers-lieux...).

Quel est votre parcours d’élue et pourquoi avoir dénommé votre vice-présidence à « l’économie collaborative » ?

J’ai animé de 1998 à 2001, le Laboratoire du Futur, Laboratoire de prospective pour un futur souhaitable, je suis convaincue qu’une des solutions au mal être et aux fractures de notre société se trouve dans la capacité d’intervention de la société civile à travers des projets qui produisent des services essentiels et créent du lien.

Je suis élue municipale à Courbevoie depuis 2001, et première adjointe chargée de la démocratie locale et du numérique depuis 2014. Au Conseil départemental des Hauts-de-Seine, je suis la deuxième vice-présidente en charge de l’économie collaborative, depuis les dernières élections départementales en 2015.

Nous avons choisi cette dénomination « économie collaborative », en gardant en tête les principes qui guident l’ESS, parce que nous avons souhaité y intégrer la dimension numérique de l’économie du partage. En effet de plus en plus d’initiatives dans le champ de l’ESS s’appuient sur la puissance du numérique, avec des plate-formes sociales et solidaires qui se développent, et nous soutenons d’ailleurs des projets tels que Microstop 92.

Quels sont les grands axes de la politique du Conseil départemental des Hauts-de-Seine en matière d’économie collaborative ?

Avant la loi NOTRe, l’action du Département reposait essentiellement sur un appel à projets qui a permis à plus de 70 projets d’être soutenus à l’amorçage de façon conséquente.

Depuis que le trait est tiré sur la compétence économique du Département, nous sommes en pleine reconfiguration institutionnelle. Nous menons une réflexion avec la le Conseil régional d’Île-de-France dans le cadre de son SRDEII afin de pouvoir agir de manière coordonnée et complémentaire dans le champ de l’ESS et nous nous rapprochons des communes alto-séquanaises qui souhaitent agir dans ce domaine.

Mais mon devoir d’élue, c’est surtout de rester à l’écoute des initiatives et des dynamiques sur le terrain, de continuer à regarder ce qui ce fait et ce qui fonctionne sur le territoire. Nos services continuent à suivre attentivement les projets que nous avions soutenus, pour leur apporter un soutien logistique et pour les orienter. Par exemple, le 24 novembre prochain, nous organisons notre 4ème matinée des financements alternatifs, avec KPMG, pour faciliter la mise en relation des porteurs de projets avec les offres de financement alternatif.

De manière générale, j’axe mon action sur la pédagogie, car quand on sort du monde très engagé de l’ESS, on se rend compte qu’elle reste très peu ou mal identifiée, dans les communes notamment où ce champ est peu exploité et où il n’y a que rarement un élu dédié. Nous avons une stratégie de diffusion des bonnes pratiques, j’essaie donc de convaincre les élus de développer une politique de soutien à l’ESS ou aux projets collaboratifs sur leurs territoires. Ainsi le 20 janvier prochain, nous organisons un Forum de l’économie collaborative, à l’attention des élus et des agents des collectivités locales.

Par ailleurs, nous avons une forte action concernant les clauses sociales, avec 14 % des marchés publics du Conseil départemental concernés (notamment pour les travaux publics et l’entretien de la voirie et des espaces verts), ce qui représente plus de 400 000 heures d’insertion sous forme de contrat de travail pour les bénéficiaires du RSA depuis 2011. Cela nous a permis d’économiser 2,2 millions d’euros sur le versement du RSA.

De plus, nous menons depuis quelques mois une expérimentation auprès des travailleurs sociaux en lien avec le laboratoire d’Innovation publique du Département « Les entretiens Albert-Kahn » qui organise des conférences tous les trimestres sur les questions d’innovation sociale. Cette expérimentation "Pour un renouveau des pratiques d’accompagnement de l’action sociale" est conduite à petite échelle mais elle a vocation à être étendue. L’objectif étant de voir comment l’économie collaborative peut compléter l’offre traditionnelle des services publics pour répondre au mieux aux besoins des usagers des services sociaux. Dans ce cadre, une nouvelle grille d’entretien a été mise à disposition des travailleurs sociaux dans leur relation avec les usagers, pour considérer l’usager dans une approche globale, pour mieux cerner l’ensemble de ses besoins et mettre en face l’ensemble des services rendus par l’économie collaborative sur notre territoire. Nous avons ainsi recensé sur le territoire près de 600 initiatives collaboratives nationales et locales dans un guide.

Enfin, nous avons dans les Hauts-de-Seine une vraie difficulté liée au coût très élevé de l’immobilier d’entreprises, avec peu de petites surfaces disponibles. Cela nous a amené à nous intéresser et à soutenir des tiers-lieux et espaces de co-working, tels que Sceaux Smart ou Casaco à Malakoff, deux lieux qui fonctionnent très bien. Et nous souhaitons continuer à développer des tiers-lieux dans les communes du Département.

Vous êtes nouvelle administratrice du RTES depuis l’AG du 16 juin dernier, quelles sont vos attentes vis-à-vis du RTES et quel est votre retour sur la 5ème Rencontre nationale du 24 octobre dernier ?

En tant qu’élue, je suis très nourrie par les actions du RTES. C’est un réseau très actif qui m’apporte beaucoup d’informations sur différentes thématiques, y compris certaines sur lesquelles je ne me serais pas forcément attardée. Et nous sommes souvent sollicités, ce qui est le signe d’un réseau actif, je souhaite que que cela continue.

Concernant la 5ème Rencontre nationale des collectivités locales autour de l’ESS, la matinée de séminaire a été très riche, c’est toujours intéressant d’avoir des regards croisés sur ce que l’on vit dans nos différents territoires. J’en suis ressortie encore plus convaincue que la capacité entrepreneuriale de l’ESS a un rôle majeur à jouer pour coconstruire avec les institutions et les usagers des dispositifs plus agiles pour répondre rapidement et en proximité aux besoins des usagers.

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