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Europe, ESS et territoires : entretien avec Catherine Trautmann

par Céline Parat - le 18 mai 2014
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À la veille des élections européennes, Catherine Trautmann, vice-présidente de la Communauté Urbaine de Strasbourg, revient pour le RTES sur le bilan des rencontres de Strasbourg des 16 et 17 janvier derniers, et sur le rôle que peuvent jouer l’ESS et ses acteurs dans le rapprochement entre l’Europe et les territoires.

Quel bilan tirez-vous de la rencontre de Strasbourg de janvier 2014 ?

C’est d’abord un succès par le nombre de participants, provenant de toute l’Europe, dont 50 % d’entrepreneurs sociaux, avec une centaine de nationalités représentées. C’est aussi une expression vivante de la formule du partenariat, accentué par la mobilisation des collectivités locales, gage d’efficacité. La Commission européenne est d’ailleurs très satisfaite de cette démarche car elle a pu, ainsi, aller vers les territoires. La mise en scène de l’innovation sociale fait aussi partie de ce bilan ressenti dans ce « chaudron » de rencontres.

Quelles suites pensez-vous donner à cette manifestation ?

Nous allons rencontrer la Commission européenne pour lui dire notre engagement et notre intérêt à réaliser une prochaine édition. L’idée est aussi de faire précéder ce type de rencontre par des évènements qui peuvent être organisés à l’échelle des territoires, régions ou Etats [1], de manière à ce que l’on ait un élément fédérateur à Strasbourg. Le travail avec le Parlement européen à Strasbourg est significatif aussi du style que nous souhaitons donner à cette rencontre qui doit être proche des entreprises mais aussi des citoyens, élément indispensable pour réduire la distance.

Vous mettez beaucoup l’accent sur les territoires mais la déclaration de Strasbourg n’en parle que de manière implicite. Quels sont vos espoirs pour le nouveau mandat européen ?

La déclaration de Strasbourg est très utile car elle donne un cahier des charges à la prochaine Commission, mais il faut aussi aller au delà. La mobilisation constatée à Strasbourg a montré l’intérêt et l’importance de ce secteur essentiel. Mais il faut aussi que la Commission européenne s’oriente vers une politique de relance par les territoires, dans laquelle l’ESS pourra prendre toute sa place. Au Parlement européen, les parlementaires de plusieurs groupes politiques sont intéressés par l’ESS. On peut ainsi trouver une concordance et accrocher l’économie sociale et solidaire à un certain nombre de programmes et d’initiatives, et du coup défendre la place de l’ESS sans compter l’appui du Conseil économique et social européen, également actif dans cette période d’intérim. Il faut co-construire ensemble.

Vous pensez que le statut de la mutuelle européenne sera mis en place ?

Le statut de la mutuelle européenne, ce sera pour cette législature, je l’espère bien ! La Commission européenne a pris conscience des réseaux, des statuts, des caractéristiques de l’ESS. C’est fondamental d’avoir une sorte d’annuaire. C’est la base de tout programme. On a ainsi l’intention, dans la commission industrie, recherche et énergie à laquelle je participe, de travailler sur le Small Business Act. On s’est en effet rendu compte d’un certain nombre de manques dans ce document. Dans ce cadre, on peut tout à fait intégrer certaines recommandations concernant l’ESS. Le fait d’avoir posé ces jalons, cela donne beaucoup plus d’assise pour faire exister l’ESS dans le paysage politique, économique et institutionnel. 

Vous mettez l’accent sur la transversalité en remarquant le travail du Parlement européen, notamment à travers son intergroupe ESS dont on ne peut pas être certain qu’il soit reconduit et le soutien du CESE. Mais que dites- vous du comité des régions ?

C’est vrai que le comité des régions n’a été ni un interlocuteur ni un acteur. Je me suis fait cette réflexion dans l’organisation de la rencontre. Mais, en réalité, la Commission européenne a vraiment cherché à rencontrer les acteurs du secteur de l’ESS et à sortir du cadre institutionnel. La Commission nous a ainsi laissé beaucoup de marges de manœuvre pour mobiliser. Si l’on part des territoires, des métropoles, on va ainsi sans doute avoir à mobiliser le comité des régions.

Mettre l’accent sur les territoires, sur les métropoles permettra certainement de mobiliser les réseaux de collectivités territoriales et le comité des régions, de dépasser ainsi ce qui reste implicite dans la déclaration de Strasbourg ?

C’est vrai mais en même temps la rencontre de Strasbourg avait d’abord pour objectif de mobiliser les réseaux d’acteurs et les entrepreneurs. Il y a au fond deux caractéristiques parmi les acteurs de l’ESS, ceux qui s’intéressent au « social business » sous un angle purement économique et ceux qui mettent en avant une dimension plus solidaire dans les débats. L‘un des enjeux de la période qui s’ouvre, si on veut garder la dimension d’innovation sociale et ne pas tout sacrifier au « business », est d’intégrer cette dimension de l’ESS dans les formes de relance de l’économie européenne. Elle est un vecteur d’une économie positive, au moment où les citoyens veulent plus de justice sociale, des avancées concrètes en termes de services et d’innovations qui, par la forme juridique des entreprises de l’ESS, sont portées de manière plus démocratique.


Pour aller plus loin, retrouvez l’étude consacrée à l’ESS et les élections européennes, publiée par le Think Tank "Pour la solidarité" (avril 2014)

Notes

[1] Par exemple, la Ville de Strasbourg peut envisager des pré événements dans le cadre de son Club de Strasbourg, qui réunit 25 villes dans une perspective de travail sur la question européenne.

Documents joints

  • ESS et élections européennes (PDF - 1 Mo)

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