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Ille et Vilaine : retour des rencontres “Collectivités locales et monnaies complémentaires”

- le 8 novembre 2013
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Le 15 octobre dernier, le conseil général d’Ille-et-Vilaine organisait les 2èmes rencontres nationales “Collectivités locales et monnaies complémentaires”. Après le lancement du Galléco, cette journée fut l’occasion de faire un panorama des monnaies complémentaires mises en place par les collectivités, et sur leurs apports pour les territoires. En attendant la prochaine lettre papier du RTES, prévue sur ce thème, voici un bref retour des échanges de cette rencontre.


Si les monnaies sociales et complémentaires se développent en France depuis les années 2000, elles étaient souvent portées par des initiatives citoyennes, parfois accompagnées par les collectivités qui leur apportent un soutien technique ou financier. Aujourd’hui, les collectivités s’emparent de cet outil de développement local, “favorisant la convivialité et le sentiment d’appartenance à une communauté”. “Quand on parle de monnaie complémentaire, on embrasse l’ensemble des activités d’un territoire”, introduit Jean-Louis Tourenne, président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine. “On renonce à l’argent roi pour “l’argent véhicule”, au service d’une vision de société.

Marie Fare, économiste à l’université de Lyon 2, évoque quatre générations de monnaies. Les deux premières apparaissent dans les années 1980 avec, respectivement, les systèmes d’échange locaux (SEL) et les banques de temps. La troisième génération, les monnaies convertibles, offrent aux collectivités un rôle de facilitateur déterminant : elles visent à insérer la monnaie sociale dans la consommation quotidienne, et dépendent par conséquent de la participation des entreprises et des commerces locaux. Un rôle public accentué dans la quatrième génération de monnaie qui a émergé au début des années 2000 et qui a pour particularité de combiner plusieurs objectifs, d’impliquer plusieurs types d’acteurs et “dans lesquelles la collectivité peut occuper un rôle central”. Rôle qui va du soutien technique et/ou financier à une intégration dans des politiques publiques spécifiques (sociales, environnementales ou économiques).
Restent des questions en suspens et des pistes à explorer : l’articulation avec les outils de développement territorial de l’ESS et les questions d’un cadre réglementaire spécifique, de gouvernance et d’évaluation.
Dans tous les cas, les monnaies sociales et complémentaires sont un outil de mobilisation des territoires”, conclut Marie Fare. “Parce qu’elles obligent des logiques de co-construction multiples entre les acteurs.”


4 expériences, françaises et européennes, ont été présentées :

- Le Sol Violette, initié et portée par la ville de Toulouse, mais aussi piloté par des groupes de citoyens, par quartier, pour “qu’elle ne devienne pas une monnaie de bobos, mais qu’elle reste bien une monnaie toulousaine !”, insiste Jean-paul Pla, conseiller municipal, délégué à l’économie sociale et solidaire de la ville de Toulouse. Pour en savoir plus : www.sol-violette.fr
- Le Bristol Pound, porté par un partenariat entre la société d’intérêt commun “Bristol Pound”, à l’origine du projet et qui en assure la promotion et la diffusion, et le Credit Union, maître d’œuvre du volet financier et informatique. Le conseil municipal de Bristol ayant soutenu financièrement les recherches initiales et le travail de faisabilité, et apportant un soutien en nature. Pour en savoir plus : www.bristolpound.org
- L’Eusko, monnaie complémentaire du Pays-Basque, portée par l’association Euskal Moneta, dont le comité d’agrément est composé de plusieurs collèges, dont un réservé aux collectivités locales. Pour en savoir plus : www.euskalmoneta.org
- Le Sol Angélique, projet de la ville de Niort avec le groupe Chèque déjeuner et le Crédit coopératif, en phase de concrétisation


L’après-midi a été consacré à 4 ateliers thématiques :

- La monnaie complémentaire comme projet de développement économique territorial, abordant l’importance de la sensibilisation de tous les acteurs du territoire, de l’implication des populations pour qu’elles s’approprient le projet, de l’entretien et l’extension de l’attractivité autour du projet...
- Le lancement d’un projet de monnaie, avec les nécessités de développer les aspects sociaux, d’ouvrir les monnaies complémentaires à d’autres banques pour couvrir les milieux ruraux...
- L’accessibilité de la monnaie, qui a rappelé l’importance d’un pilotage collectif et démocratique
- Le cadre pour sécuriser le projet, qui a abordé les questions juridiques (l’importance de passer un accord avec une agence bancaire pour la première diffusion de la monnaie…) et techniques (éviter que les coupons ou billets ne soient fongibles, adopter un principe de fonte…)

Environ 70 participants, élus, techniciens et acteurs, ont assisté aux échanges de cette journée.


A noter : la prochaine lettre papier du RTES abordera le rôle des collectivités dans la mise en place des monnaies complémentaires. (Sortie prévue début janvier 2014)
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