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L’ESS au cœur des stratégies économiques locales : retours du séminaire ETD du 10 juin

par Céline Parat - le 16 juin 2014
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Tel est le titre de l’étude que présentait ETD ce mardi 10 juin. Cette étude, réalisée en partenariat avec GRDF [1], s’appuie sur une analyse menée auprès d’une vingtaine de démarches et initiatives. Elle s’attache à préciser le rôle des structures ESS dans l’écosystème local, et à identifier le rôle et les modalités de soutien des collectivités. Plusieurs élus et collectivités du RTES ont contribué à cette étude et pu témoigner lors du séminaire le 10 juin.





Une 1ère table ronde a permis d’approcher la question des relations entre acteurs de l’ESS et autres acteurs économiques sur les territoires ; la question centrale était celle de la relation entre entreprises de l’ESS et entreprises capitalistes à buts lucratifs. Leur rapprochement est-il une condition indispensable au changement d’échelle de l’ESS ? Une illusion ? Un piège ?

Les différents témoignages (Vitamine T, Chênelet, PTCE Isère) montrent qu’il n’y a pas une réponse et un modèle. Toutes les combinaisons possibles existent, et un consensus se dégage pour confirmer l’intérêt de cette hybridation. L’histoire de ces relations, éclairée notamment par Cyril Kretzschmar, conseiller régional délégué à la nouvelle économie et à l’ESS en Rhone-Alpes, souligne que ces relations ont souvent été développées par l’insertion, de part la compétitivité du coût du travail ce qui induit une forte logique de sous-traitance et donc de dépendance. Si cette relation a tendance à évoluer, et que l’ESS est aujourd’hui reconnue pour l’efficacité économique de son enracinement local, pour "l’agilité collective de l’ESS" à trouver des solutions nouvelles, dit encore Cyril Kretzschmar, il ressort aussi nettement de cette table ronde que tout l’enjeu est la capacité de l’ESS à installer un rapport de force qui passe par sa crédibilité ; il faut avoir fait ses preuves pour entamer le dialogue nous dit François Marty de Chênelet.
Une des questions clef qui se pose à l’ESS, après sa reconnaissance institutionnelle qui a fait de vrais progrès depuis 10 ans (politiques locales, loi ESS,…) est celle de sa capacité à être crédible, légitime, à la hauteur des attentes suscitées par la crise. Et au-delà de la question du soutien financier, c’est là que le rôle des politiques publiques intervient.

Car évidemment et surtout dans le contexte actuel de rareté de l’argent public, il ne s’agit pas de se contenter de financer mais les collectivités doivent accompagner les démarches plus globalement par un ancrage de l’ESS dans l’ensemble de leur politique, par un soutien à la formation des acteurs, par une incitation à l’animation et à la coopération des projets territoriaux...C’était l’objet de la seconde table ronde, au cours de laquelle ont témoigné notamment Marie-Françoise Loison, vice-présidente de la communauté de communes Caux Vallée de Seine, et Jean Mougenot, du PTCE Sud Aquitaine.

Patricia Andriot, vice-présidente de la région Champagne-Ardenne et du RTES, a témoigné de la stratégie conduite en Champagne-Ardenne, qui consiste à la fois à conduire une politique de lisibilité / visibilité de l’ESS et à inclure l’ESS dans la plupart des politiques publiques : culture, lycée, agriculture, aménagement du territoire, innovation recherche,.. mais aussi fonds européens et bien sûr stratégie économique régionale.
Pour Patricia Andriot, le rôle essentiel et attendu des politiques publiques pour redonner une perspective politique, est d’oser poser la question du modèle économique souhaité , et de celui qui est défendu. « Il ne faut pas s’excuser de soutenir l’ESS ; l’enjeu est de sortir l’ESS de la vitrine ou elle est souvent cantonnée pour la faire rentrer dans tous les rayons ». Pour cela, il faut d’abord défendre un projet politique, faire entrer l’ESS dans les imaginaires institutionnels. Il a aussi été question d’utilité sociale et de changement d’échelle. Si l’ESS n’a pas l’apanage de l’utilité sociale, elle crée des conditions de redistribution qui doit favoriser sa prise en compte. Françoise Bernon du Labo de l’ESS a souligné que la question du changement d’échelle n’est pas seulement la capacité de l’ESS de développer de grands entreprises, mais aussi et peut-être surtout sa capacité à influencer et transformer l’ensemble de l’économie...

Le débat a aussi permis de revenir sur un enjeu corollaire qui est celui de la co-construction des politiques publiques qui doit prendre corps dans les textes législatifs : Yves Blein, député, rapporteur de la loi à l’Assemblée Nationale, a défendu la place des associations au sein de l’ESS, et souligné les enjeux de la co-construction et de l’appel à initiatives, en regrettant que cette question délicate n’ait pu être réglée complètement par la loi.

La nouvelle secrétaire d’Etat du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire, Carole Delga (et présidente jusqu’à ce jour d’ETD..) a en conclusion indiqué que la loi sur l’ESS s’inscrit bien comme contribution à un nouveau modèle économique, et salué le rôle précurseur des collectivités engagées dans le soutien à l’ESS.


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Notes

[1] Dont le RTES a participé au comité de pilotage

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