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« L’ESS, pour développer un nouveau tissu économique »

par Scop La Peniche pour le RTES - le 21 septembre 2011
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Économiste, sensibilisé à l’ESS par ses expériences passées de responsable associatif et de gérant d’un club Cigales, Marc Boulnois est maire de Norrent Fontes depuis 2008 et Vice-président de la communauté de communes du Pas-de-Calais, Artois Lys, en charge du développement social, de la formation et de l’Europe. C’est à ce titre qu’il travaille au développement de l’ESS sur le territoire d’Artois Lys, qui vient d’adhérer au RTES.

Quelles sont les caractéristiques de l’ESS sur l’Artois Lys ?
Historiquement, le développement économique de notre territoire s’est construit à la fois sur l’industrie sidérurgique et l’agriculture. L’emprise locale du paternalisme patronal ne laissait que peu de place aux initiatives citoyennes. Cela se traduit, par exemple, par l’absence de coopérative en Artois Lys alors qu’elles sont nombreuses dans la région Nord-Pas de Calais. En 2008, les secteurs de l’ESS ne bénéficiaient d’aucune politique territoriale de soutien et les acteurs locaux ne participaient pas aux travaux des réseaux régionaux de la CRESS et de l’APES, Acteurs pour une économie solidaire. Seule l’IAE émergeait grâce à une présence marquée sur la communauté de communes voisine d’Artois Flandres.

Quelles actions avez-vous entreprises pour développer l’ESS ?
En lien avec le Conseil régional Nord-Pas de Calais, nous avons inclus un volet de promotion de l’ESS dans la stratégie globale de développement économique du territoire dès 2008. Dans un premier temps, nous avons orienté nos actions vers une connaissance et une mobilisation du secteur tout en intégrant des clauses d’insertion dans nos appels d’offres. Nous avons d’abord mené un travail de repérage des acteurs, des projets et des potentialités du territoire ; puis une démarche de communication pour faire connaître ce secteur via nos média institutionnels, lors d’événements grand public mais aussi en organisant des rencontres avec les élus et le conseil de développement. Ces échanges ont permis d’animer le débat concernant la place de l’ESS dans le développement local et de dépasser l’image d’un secteur économique souvent cantonné à un rôle de réparation des dégâts du capitalisme. Dans une deuxième phase, nous allons mettre en place des outils de financement de l’ESS dans le cadre de la convention de développement économique avec la région.

Existe-t-il une spécificité de l’ESS dans les territoires ruraux ?
Les collectivités locales en zones rurales portent les mêmes compétences que les autres. Mais avec l’étalement de l’habitat, la taille des communes et des ressources financières plus modestes, certaines questions se posent de manière encore plus cruciale en zones rurales. Cela impose aux collectivités la nécessité de coopérer entre elles mais aussi de s’appuyer sur les initiatives citoyennes et de les soutenir.

Comment se traduit cette ruralité dans vos actions ?
Certaines thématiques émergent prioritairement comme l’agriculture, la mobilité ou la petite enfance. En matière agricole, nous souhaitons développer l’approvisionnement alimentaire en circuits courts pour la restauration collective scolaire et pour les ménages. Nous travaillons avec Terre de liens pour accompagner la transmission des exploitations des agriculteurs partant à la retraite. Concernant la petite enfance, nous avons réunis au sein d’un collectif toutes les personnes qui portaient un projet professionnel sur cette thématique. Nous souhaitons les accompagner vers la construction collective d’un projet d’accueil que les collectivités ne pourraient pas supporter seule mais qu’elles peuvent soutenir. Dans cette phase d’ouverture de chantiers, nous réfléchissons également à encourager des initiatives de production énergétique locale, de sous-traitance industrielle ou d’épargne et d’investissement local avec des Cigales. En zone rurale, les gens se connaissent, cela favorise la mise en réseau, l’information circule très vite, c’est un atout potentiel pour le développement de l’ESS si on agit en transparence et que l’on gagne la confiance de la population.

Vous insistez sur le rôle des citoyens...
Oui, car notre territoire est marqué par son histoire industrielle, il a connu plusieurs chocs économiques liés à la mondialisation dont les citoyens n’ont pas la maîtrise. Nous avons besoin de relocaliser en partie l’économie et de développer un tissu économique local s’appuyant sur plus de coopération et de partage des responsabilités et des richesses. L’ESS fait vivre cette alternative, elle a des valeurs à diffuser à l’ensemble des acteurs économiques. Pour ces raisons notamment, la communauté de communes d’Artois Lys a rejoint le RTES, car il s’agit pour nous de sortir de notre isolement et de rattraper notre retard sur les politiques de soutien à l’ESS en s’inspirant des expériences d’autres collectivités locales et en coopérant avec elles.

Pour en savoir plus sur l’ESS en Artois Lys

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