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L’IAE au service du développement territorial

par Scop La Peniche pour le RTES - le 17 mars 2015
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Ancrées sur leurs territoires, acteurs clés de l’emploi et de l’innovation sociale, les entreprises de l’IAE sont au cœur du développement des territoires. Depuis 1990, l’Union régionale des structures d’insertion par l’économique d’Alsace (URSIEA) fédère les SIAE alsaciennes tous statuts confondus [1]. Au fil des ans, elle s’est affirmée comme un partenaire privilégié des pouvoirs publics dans la mise en œuvre de leurs politiques en faveur de l’emploi et plus généralement dans l’expérimentation de réponses à des besoins particuliers sur les territoires. Rencontre avec sa déléguée, Sandrine Bianchi.

Comment est née l’Ursiea ?
Notre réseau s’est constitué sous forme associative en 1990, pour répondre à la fois aux besoins des acteurs de l’IAE et des pouvoirs publics. Nous étions alors en pleine phase de développement de l’IAE. Les entreprises du secteur avaient besoin d’une structure pour se rassembler, échanger sur leurs pratiques et les représenter collectivement. Les collectivités locales et l’État souhaitaient pouvoir s’appuyer sur un interlocuteur unique et représentatif pour accompagner le déploiement des nouvelles politiques de soutien à l’insertion par l’économique. Fondée par une vingtaine d’entrepreneurs, l’URSIEA compte aujourd’hui 108 membres sur les 128 SIAE en activité en Alsace. Nous nous organisons autour d’un CA de 21 membres, tous dirigeants de structure, en 4 collèges [2].


Quelles sont les missions de l’URSIEA ?
Portées par les adhérents et une équipe de 6 permanents, nos actions s’organisent autour de 4 axes :
- L’animation des membres du réseau et leur représentation auprès des partenaires institutionnels
- La promotion de l’IAE et la coordination d’un observatoire régional de l’IAE
- La formation des salariés en parcours d’insertion
- L’appui à la professionnalisation des structures et de leurs permanents
- La formation des salariés en parcours d’insertion
Nous avons par ailleurs l’année dernière participé à plus de 60 réunions institutionnelles sur l’emploi, le développement de l’ESS, les filières locales, les réformes législatives...





Sur quelles thématiques l’URSIEA est-elle reconnue comme un partenaire pertinent pour participer au développement des territoires ?
Nous sommes assez naturellement consultés pour les politiques publiques touchant aux questions d’emploi. Cette légitimité s’appuie d’abord sur l’impact direct de notre travail : en moyenne en Alsace ce sont 11 000 personnes par an qui travaillent pour une SIAE. Notre objectif d’améliorer la situation des personnes en recherche d’emploi rencontre celui des pouvoirs publics. Cette connaissance partagée des publics en situation difficile permet la coopération. Nous répondons régulièrement à des sollicitations d’acteurs divers qui composent le Service Public de l’Emploi Régional. Par exemple, actuellement nous travaillons avec les Missions Locales du Haut-Rhin pour contribuer à l’insertion durable des jeunes en entreprise. Les jeunes ne constituent pas le premier public pour les SIAE, mais nous sommes en capacité de nous impliquer en proposant d’accueillir un certain nombre de jeunes en difficulté.
Cette capacité d’adaptation et de réponse aux sollicitations des pouvoirs publics s’appuie en outre sur une très bonne connaissance des problématiques locales et un fort dynamisme des acteurs. Les SIAE sont ancrées sur leurs territoires. Leurs équipes associent des permanents, des salariés en parcours d’insertion et des bénévoles en proximité. Leur offre de biens et de services répond aux besoins d’une clientèle située en général dans un environnement proche, favorisant ainsi une offre de travail non délocalisable. Elles ont une très bonne connaissance des publics fragiles tout comme des éventuels freins spécifiques aux territoires en termes de retour à l’emploi et sont toujours partantes pour agir !


Comment valorisez-vous cet impact local auprès des élus et techniciens ?
Nous tentons de changer peu à peu l’image de l’IAE. Pour certains partenaires institutionnels, tel que le Conseil Général du Bas-Rhin par exemple, soutenir l’IAE ne relève plus seulement de la réparation des dysfonctionnements de notre système économique. Il s’agit aussi d’un investissement pour le développement des territoires. Cela permet aux collectivités locales et à l’État de faire des économies. En 2010, le coût d’une personne sans emploi était estimé à 18 300 € pour la collectivité. Nous avons évalué, en l’appliquant à nos propres réalisations d’emplois, que cela représentait sur une année près de 38 millions d’euros d’économie nette pour la collectivité. De plus nous avons montré qu’investir un euro dans une SIAE revient à flécher plus de 3 euros vers l’économie locale [3], l’effet levier de l’insertion pour le développement est donc loin d’être négligeable !
Enfin nous insistons sur le rôle joué par les SIAE dans la montée en compétence des salariés d’un territoire. En Alsace, le niveau de qualification est globalement assez bas. Grâce à un investissement très important de la Région et à l’effet levier des fonds européens (FSE), les budgets dédiés à la formation des salariés en parcours d’insertion ont été multipliés par 10 en 12 ans. Nous accompagnons ainsi un public plutôt fragile dans une montée en qualification dont bénéficiera tout le territoire. [4].





Quelles sont les pistes pour une meilleure prise en compte des thèmes chers à l’IAE dans les politiques de développement ?
L’exemple de Strasbourg Eurométropole montre depuis 30 ans que les clauses sociales sont un outil puissant pour le développement de l’emploi sur un territoire. Aujourd’hui l’ensemble des services de la métropole connaît cet outil et s’en sert : ils répondent ainsi à leurs besoins en favorisant l’emploi local tout en réalisant les travaux qui leur incombent.
Nous devons également renforcer nos liens avec l’économie « classique » : nous avons besoin de coopérer davantage au plan économique, par exemple avec des réponses en co-traitance à des marchés, mais aussi sur la situation de l’emploi. Nos publics en parcours d’insertion sont les futurs salariés des entreprises du territoire, nous devons construire des filières « métiers » adaptées aux besoins. Des rencontres thématiques ont déjà eu lieu sur la restauration ou les métiers de la propreté, nous devons amplifier ce mouvement. A ce titre les régions qui ont dans leurs compétences le développement économique constituent un allié de premier plan.
Enfin nous ne devons pas cesser de rappeler que l’IAE a souvent été à l’origine de nouveaux services ou modes de consommation apparus ces dernières années : les jardins d’insertion et leurs paniers de légumes bio, les ressourceries et les nouvelles pratiques de customisation… Ce secteur est aussi porteur d’un modèle économique singulier, robuste et responsable au plan sociétal. Au-delà des problématiques conjoncturelles d’emploi, cette façon d’entreprendre mérite d’être connue, reconnue et déployée. De l’emploi à l’innovation, l’IAE peut et doit jouer un rôle croissant dans le développement de nos territoires.


En savoir plus : www.ursiea.org

Notes

[1] Dans la plupart des régions françaises les SIAE sont fédérées par réseaux nationaux et/ou par type d’activité : entreprises d’insertion, associations intermédiaires, Entreprise de travail temporaire d’insertion, ateliers et chantiers d’insertion.

[2] un pour les EI et ETTI, un pour les AI, un pour les ACI et un pour les autres SIAE comme les Régies de quartier

[3] en faisant le ratio : subventions/total produit

[4] Les 1,1 millions d’euros investis dans la formation ont permis de financer des formations allant des « compétences clefs » à des formations qualifiantes.

Portfolio

Documents joints

  • Boite à Outils de l’Ursiea : le recrutement (PDF - 1 Mo)

    Document présentant les services que proposent les acteurs de l’IAE alsaciennes pour accompagner le recrutement des entreprises de la région.

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