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La Scic ôkhra, les couleurs de la coopération

par Scop La Peniche pour le RTES - le 13 octobre 2014
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Conservatoire des ocres et de la couleur installé à Roussillon dans le Vaucluse, ôkhra intègre depuis sa naissance en 1994 une forte dimension multipartenariale. Transmission de savoir-faire, implication dans le développement du territoire, actions culturelles et touristiques, ingénierie de projet coopératif…
Autant d’occasions de développer la coopération entre les acteurs publics et privés d’un territoire.
Entretien avec Mathieu Barrois, pdg de la Scic ôkhra.

Comment est née ôkhra ?

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Mathieu Barrois - PDG Scic ôkhra
©ôkhra/P.Durand

En 1994, mon épouse et moi [1] souhaitions créer une activité autour de la transmission de savoir-faire liés à des matériaux ancestraux et d’usage courant. Lors de nos visites de sites industriels, nous sommes tombés sur une ancienne usine d’ocre à Roussillon. L’ocre, matériau d’usage millénaire, correspondait à nos critères et le territoire était encore profondément marqué de l’empreinte des activités économiques ocrières. Un écosystème subsistait avec des artisans, une usine de fabrication d’ocres en activité, une friche industrielle disponible appartenant à la commune de Roussillon, des partenaires publics intéressés par un projet de cette nature (commune et Parc naturel régional du Luberon), une demande du public… Ce contexte permettait d’accueillir un projet de conservatoire tel que nous l’envisagions : un lieu vivant où la conservation des savoir-faire passe par la pratique.

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L’usine Mathieu
©ôkhra/P.Durand

Comment se formalise alors votre projet ?
Le seul statut adapté à un projet moralement collectif et concrètement économique était, jusqu’à la loi sur les SCIC de 2001, celui de l’association loi 1901. En outre le modèle associatif était celui que connaissaient le mieux les partenaires publics et il facilitait l’intégration au monde de la culture. Mais dès l’origine notre projet associait à la dimension culturelle une dimension économique tout aussi importante.
En 1994, avec la commune de Roussillon et le Parc naturel régional du Luberon, nous créons donc l’association ôkhra. La mairie se charge alors des travaux de rénovation de la friche industrielle qui nous intéresse - l’Usine Mathieu- et la met à disposition de l’association. Barbara et moi assurons l’ingénierie du projet.

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Vue de Roussillon
©ôkhra/P.Durand

Quel est votre mode de contractualisation avec la commune de Roussillon ?
En 1998, l’adoption récente de la loi Sapin sur les délégations de service public nous a permis de faire évoluer notre modèle : à l’issue d’un appel d’offres, l’association ôkhra et la commune de Roussillon signent un contrat d’affermage de 12 ans. Celui-ci prévoit le remboursement sur 12 ans des investissements de la commune (évalués à deux millions de francs pour la part communale de la rénovation de l’Usine Mathieu) sous forme de redevance d’affermage et des investissements en nature des porteurs de projet (évalués à 600 000 Fr pour l’ingénierie de projet). En 2007, suite à un nouvel appel d’offre, un second contrat d’affermage pour une durée de 20 ans est signé entre la commune de Roussillon et ôkhra, devenue Scic en 2004. La redevance est égale à 5% du chiffre d’affaires.

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Matériauthèque
©ôkhra/P.Durand

Pourquoi avoir choisi de transformer l’association en Scic ?
Ce statut correspondait à notre mode de fonctionnement multipartenarial et coopératif, il permettait de formaliser nos pratiques dans un cadre plus adapté que celui des associations. De plus, passer en Scic impliquait de doter notre structure d’un capital social renforçant ainsi l’assise financière et la capacité d’investissement d’ôkhra, et couvrant partiellement nos besoins en fonds de roulement.
C’était aussi une manière de réaffirmer la double vocation, économique et culturelle, d’intérêt général, du projet mais aussi de consolider le partenariat public-privé qui avait permis sa naissance. Ainsi sont sociétaires de notre Scic la commune de Roussillon, la Région PACA, la communauté de communes Pays d’Apt Luberon, le parc naturel régional du Luberon et prochainement le conseil général de Vaucluse. Sur un capital de 184 000 €, les collectivités locales détiennent 28 400 €. Aujourd’hui nous sommes en train de mettre en place un nouveau pacte d’actionnaires visant à porter le capital de la Scic à 230 000 € dont 80 000 € seraient détenus par les collectivités [2]. C’est une des forces du statut Scic, il permet d’impliquer les collectivités dans la gouvernance tout en conservant avec elles des relations financières plus classiques comme des subventions ou des prestations.

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Mine de Bruoux
©ôkhra/P.Durand

Quel bilan faites-vous de votre expérience du statut Scic ?
C’est un modèle expérimental de développement économique qui implique toutes les parties prenantes, des usagers (bénévoles, clients, artisans...) aux collectivités en passant par les salariés et les fournisseurs. Il nous a permis d’élargir notre assise territoriale et de faciliter la mise en place du pôle d’excellence rurale Couleurs Matières Couleurs Lumières [3]. Le statut Scic souffre d’une mauvaise réputation, injustifiée, « d’usine à gaz » alors que c’est un outil fait pour répondre aux questions complexes de développement local. Le dialogue et la coopération entre des partenaires sociétaires de natures très différentes ne sont pas toujours faciles mais je suis convaincu que le développement des territoires s’en trouve amélioré.

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Formation ôkhra
©ôkhra/P.Durand

Acteur du développement local, quel regard portez-vous sur les PTCE ?
Nous sommes très intéressés par ces démarches, la création d’un PTCE local pourrait s’inscrire dans la continuité des travaux du Pôle d’Excellence rurale. Dans le cadre de l’appel à projets interministériel de 2013, nous avons participé au dépôt d’un dossier orienté sur la gestion prévisionnelle des emplois et compétences territoriales (GPECT). Ce projet porté par le Comité de Bassin d’Emploi (CBE) du Pays d’Apt n’a pas été retenu mais nous continuons à travailler pour peut-être présenter une nouvelle candidature où les dimensions économiques et territoriales seraient plus marquées. Tout reste à construire mais la Région PACA et le Département du Vaucluse semblent intéressés et notre Scic constitue une base solide : avec 250 coopérateurs, son sociétariat rassemble déjà de nombreux acteurs nécessaires à la réussite d’un PTCE.
Matériauthèque

Les activités d’ôkhra

La Scic ôkhra autofinance 90 % de ses activités grâce à un chiffre d’affaires d’environ 650 000 € par an.
Ses 4 activités principales sont :
puce Comptoir / Librairie : ôkhra vend (sur place et en ligne) des ocres et pigments, des fournitures pour badigeon et tadelakt, des outils, des livres… Ce pôle représente environ 55 % du chiffre d’affaires d’ôkhra
puce Culture et tourisme : ôkhra accueille près de 35 000 personnes / an pour des visites animées sur les ocres, les couleurs, les pastels… Ce pôle représente environ 25 % du chiffre d’affaires d’ôkhra
puce Formation : ôkhra propose des formation d’une journée à trois semaines pour les professionnels comme pour les particuliers : sciences de la couleur, peintures décoratives, photographie numérique, métiers d’art, enduits à la chaux, ingénierie de projets culturels… Ce pôle représente environ 15 % du chiffre d’affaires d’ôkhra
puce Ingénierie conseil en projets culturels et coopératifs : cette activité génère environ 5 à 10 % du chiffre d’affaires de la Scic.

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En savoir plus sur ôkhra :
- Site internet : www.okhra.com
- Facebook : okhra.couleur
- Vidéos :





Notes

[1] Mathieu et Barbara Barrois étaient alors respectivement archiviste consultant et consultante en organisation. Ils exercent toujours ces activités indépendantes.

[2] La Loi sur l’ESS du 31 juillet 2014 permet aux collectivités de détenir jusqu’à 50 % du capital d’un scic contre 20 % auparavant.

[3] Ce pôle d’excellence rurale a permis de financer 11 projets sur le pays d’Apt , représentant un investissement de 4 millions d’euros dont 50 % financés par des fonds publics.

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