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Le Centre des Jeunes Dirigeants de l’Economie Sociale fête ses 30 ans

par alfederici - le 12 février 2016
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Le Centre des Jeunes Dirigeants de l’Economie Sociale fêtait ses 30 ans le 4 février à Paris. Une belle manifestation, qui a réuni de nombreuses générations de militants de l’ESS, et a été l’occasion de mettre en évidence les nombreuses avancées de l’ESS en France et en Europe, les potentialités mais aussi les difficultés à surmonter, autour du thème : entre renouveau économique et nouvelles formes d’engagements citoyens, où va l’ESS ?

Anne Pfersdorff, présidente du CJDES, a ouvert la rencontre en précisant que plus de 300 personnes étaient inscrites, la plus jeune ayant 19 ans, la plus âgée plus de 80 ans. Une illustration des actions menées par le CJDES en matière de transmission entre générations, marquées par plus de 500 débats et temps forts organisés depuis 1985.

Benoît Hamon et Miguel Urban, eurodéputé membre de Podemos [1], ont mis au centre de leurs interventions la question démocratique. Benoît Hamon a souligné que face aux crises actuelles, la seule voie de sortie était le renforcement de la démocratie. La principale crise aujourd’hui est celle de la démocratie, avec un fossé de plus en plus grand entre le cercle de ceux qui décident et celui de ceux qui subissent. L’économie sociale et solidaire, qui instaure de la démocratie dans le champ économique et au sein même des entreprises, a un grand rôle à jouer pour dépasser cette crise, y compris par ses échecs et ses difficultés.
Mais pour Benoît Hamon, l’une des faiblesses actuelles de l’ESS est que, il y multiplicité des initiatives, mais "chacune reste sur son couloir de nage". Comment dessiner ensemble de nouvelles formes de croissance, comment penser de nouveaux services publics, coconstruits entre acteurs publics, privés et ceux de l’ESS ?

Pour Miguel Urban, la question démocratique est également fondamentale, et ne doit pas se limiter à l’organisation à intervalle régulier d’élections. La délibération, le contrôle, l’évaluation, sont des modalités indispensables, et à l’œuvre dans nombre d’initiatives solidaires. Fondateur d’une librairie coopérative à Madrid, impliqué dans le mouvement des Indignés, Miguel Urban souligne "l’extension importante de ces modèles économiques alternatifs, en capacité de produire, de gérer du bien-être social et de réduire les inégalités". Mais "ce n’est pas suffisant pour mettre un terme au modèle social actuel. Il faut créer un tissu d’associations d’autodétermination citoyenne, faire de l’ESS un instrument de changement", permettant notamment de lutter contre la corruption qui pourrit tout le système. C’est "en se réappropriant le concept de démocratisation économique, en intégrant la réciprocité et la redistribution, en développant une pédagogie de l’action, que l’on parviendra à construire un monde nouveau".

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Roger Belot, Benoît Hamon, Anne Pfersdorff, Benjamin Coriat, Luca Jahier

Luca Jahier, président du groupe III au Conseil Economique et Social Européen, avait 3 messages clés :
- l’ESS a gagné au niveau européen un espace et une reconnaissance impensables il y a quelques années. En 2002, à son arrivée au CESE, il n’y avait plus aucune prise en compte de l’ESS,qui n’était plus considérée comme compétence communautaire. Il a fallu plus de 10 ans, au travers du vote d’un avis par le CESE sur la diversité des formes d’entreprises, de la réalisation d’études avec le CIRIEC sur le poids statistique de l’ESS, de l’élaboration d’un rapport parlementaire par Patrizia Toia, du lancement d’un manifeste signé par plus de 500 économistes, pour que la diversité des entreprises soit enfin reconnue. Quelques commissaires européens lors de la précédente mandature, et notamment Michel Barnier, ont permis de faire avancer les choses. Et aujourd’hui, lorsqu’on voit la déclaration de Luxembourg en décembre, on se rend compte qu’on est au bout d’un long parcours de reconnaissance institutionnelle, législative et financière.

- Mais rien n’est jamais acquis. Et aujourd’hui, on assiste plutôt à un recul du côté des états-membres (en dehors de la France, de l’Espagne et dans une moindre mesure de l’Italie). L’ESS traverse des difficultés, voir la crise des banques coopératives en Belgique et en Espagne, l’âge moyen des dirigeants d’économie sociale, en tout cas en Italie, augmente dangereusement, on a parfois l’impression d’une baisse de la capacité d’innovation.

- la recette pour surmonter ces difficultés existe, elle est chez les jeunes. Le nouveau service civil européen peut être une opportunité intéressante. En conclusion, les prochaines années risquent d’être difficiles , mais de grandes perspectives et opportunités existent pour l’ESS.

C’est ce qu’ont confirmé Roger Belot, président de la Chambre Française de l’ESS, et Benjamin Coriat, économiste, qui ont clôturé cette belle soirée.

Notes

[1] un des initiateurs du forum européen du 28 janvier

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