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Le Glémo ou comment l’emploi saisonnier crée des CDI

par Scop La Peniche pour le RTES - le 12 septembre 2016
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Né en 1999, le groupement local d’employeurs Marennes Oléron (Glemo) est progressivement devenu le deuxième employeur privé du territoire. Acteur incontournable de la vie économique et sociale locale, il permet aux entreprises d’amortir la forte saisonnalité de leurs activités et aux salariés d’enrichir leurs compétences et de sortir de temps partiels subis. Rencontre avec Olivier Poitevin, directeur du Glemo.

Comment est né le Glemo ?
En 1999, un ostréiculteur et un camping expérimentent une forme de groupement pour répondre aux besoins d’une de leurs salariés. Les communautés de communes de Marennes et d’Oléron y voient rapidement un intérêt et financent une étude de marché pour déterminer s’il est possible de passer de cette expérimentation bénévole à une structure « professionnelle ». Très vite 7 entreprises [1] marquent leur intérêt. Grâce au dispositif « Emploi jeune » un permanent est recruté pour coordonner les activités du groupement et 2 salariés en temps partagé sont embauchés en CDI. Les 2 communautés de communes soutiennent le lancement du groupement en mettant à disposition des bureaux et en communiquant sur ce nouveau dispositif. Le Glémo : ostreiculture

Quel était l’intérêt pour le territoire de soutenir cette initiative ?
Nous vivons dans une zone où la vie économique est rythmée par une très forte saisonnalité. Il y a la période touristique, celle des huîtres, celle de la taille de vigne, celle de la construction navale… De plus, le tissu économique est principalement composé de TPE qui n’ont pas toujours les moyens d’embaucher des salariés à plein temps malgré des besoins importants, sur des missions de gestion ou de secrétariat par exemple. Un groupement d’employeurs permet de résoudre cette problématique en offrant aux entreprises la possibilité de devenir plus performantes sans mettre en péril leur santé financière. Le Glemo leur apporte un véritable service RH en prenant en charge le recrutement, la gestion des calendriers entre employeurs, les paies, le respect du cadre réglementaire... Effet indirect très positif, la mise en commun des compétences d’un salarié permet souvent de développer la coopération et les relations d’affaires entre les entreprises.

Et quels sont les bénéfices pour les salariés ?
Pour les salariés, c’est d’abord la possibilité d’améliorer leurs revenus en accédant à des CDI à temps complet à proximité de leur lieu de vie. C’est aussi une porte vers l’acquisition de nouvelles compétences et l’exercice d’activités professionnelles variées.
Notre groupement est également un tremplin pour les publics ayant souvent le plus de difficultés à accéder à l’emploi : nous accompagnons beaucoup de jeunes et de personnes de plus de 50 ans. De plus, il arrive très régulièrement que les entreprises, se rendant compte qu’elles en ont finalement les moyens, finissent par embaucher directement les personnes initialement missionnées par le Glemo. Nous avons même l’exemple d’un salarié qui a fini par reprendre l’entreprise de son ancien employeur parti à la retraite. Depuis 1999, ce sont 150 personnes qui ont quitté le Glemo pour une embauche directe par une des entreprises qui les employaient en temps partagé.

Justement, présentez nous le Glemo en quelques chiffres
En 2015, le Glemo a employé 120 personnes représentant 75 ETP [2]. Ces personnes travaillaient pour l’une de nos 110 entreprises adhérentes. Avec 3 permanents, le Glemo génère environ deux millions d’euros de chiffre d’affaires dont moins de 6 % consacré aux charges de fonctionnement. Nous avons aidé 8 personnes à compléter leurs annuités pour exercer leur droit à la retraite. Agriculture, tourisme, commerce, ostréiculture, mareyage, bâtiment, industrie, collectivités, associations... ce sont plus de 10 secteurs d’activité que nous couvrons tout au long de l’année.

Quelles sont vos relations avec les collectivités locales ?
Nous participons aux projets de développement du territoire compte tenu de notre poids en tant qu’employeur et de notre connaissance fine et pratique du tissu économique et social local [3]. Nous bénéficions du soutien ponctuel de la Région sur des aides à l’embauche de permanents ou sur la mise en place de CDI partagés [4].
Enfin nous travaillons avec les 2 communautés de communes de notre territoire en leur fournissant des salariés sur des missions ponctuelles mais le fait que le Glemo soit assujetti à la TVA ne permet pas de répondre à l’ensemble de leurs besoins. Et les dispositions de la loi ESS qui devaient permettre aux groupements d’employeurs de distinguer le chiffre d’affaires réalisé avec des entreprises -assujetti à la TVA - de celui réalisé avec des collectivités ou des associations - exonéré de TVA - ne sont pas encore entrées en vigueur.

Comment travaillez-vous avec les acteurs de l’emploi et de l’insertion ?
Nous avons des relations régulières avec Pôle Emploi. Nous les tenons au courant des profils que nous recherchons mais aussi des pistes de développement de nos adhérents. L’idée est de leur permettre d’anticiper par rapport aux formations qu’ils proposent aux demandeurs d’emploi pour répondre au mieux aux besoins du territoire.
Dans le même esprit, nous avons développé des partenariats avec des SIAE et un GEIQ (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification) Bâtiment. Nous nous orientons mutuellement des personnes. Nous offrons des débouchés potentiels aux personnes qu’ils accompagnent et ils sont outillés pour remettre le pied à l’étrier ou former des personnes que nous ne pourrions pas embaucher directement.
Enfin, nous avons développé une relation privilégiée avec notre OPCA – Opcalia – avec qui nous avons pu mettre en place des contrats de professionnalisation multi-sectoriels. Nous avons par exemple mis en place un dispositif autour de la taille des vignes et de l’entretien polyvalent des campings et lieux de vacances. Il s’agit pour nous d’accompagner l’évolution du salariat, une première étape vers la fameuse – mais peu mise en œuvre – formation tout au long de la vie.
Acteur de l’ESS, nous souhaitons son développement et les groupements d’employeurs, pas assez reconnus à nos yeux, devront y participer comme moteurs d’un développement durable de l’emploi.


En savoir plus :
- Le Glémo en quelques chiffres
- Visiter le site : www.glemo.fr/

Notes

[1] 2 ostréiculteurs, 1 camping ; une boucherie, un village vacances, une grande surface, un fabricant de bateau

[2] équivalent temps plein

[3] Le Conseil d’administration du Glemo est composé exclusivement de représentants d’entreprises du territoire ce qui permet d’anticiper les évolutions des besoins des entreprises, leurs éventuelles difficultés, de construire des parcours de formation adaptés… Les salariés sont associés à l’AG annuelle et s’impliquent dans la vie du comité d’entreprise.

[4] Respectivement via les emplois tremplins et via un dispositif spécifique aux groupements d’employeurs mis en place par l’ancienne région Poitou-Charente. Pour le moment le Glemo ne sait pas encore si ce dernier dispositif va être reconduit par la région Nouvelle Aquitaine.

Documents joints

  • Le Groupement d’Employeurs Marennes- Oléron en quelques chiffres (PDF - 524 ko)

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