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« Le RTES nous permet de prendre de la hauteur et de faire poids ensemble » - Entretien avec Emmanuelle Rousset

par Céline Parat - le 11 septembre 2015
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À 42 ans, et après un parcours professionnel et personnel technique et de terrain, Emmanuelle Rousset est aujourd’hui vice-présidente du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, en charge de l’ESS et de la politique de la ville. Élue au Conseil d’administration du RTES le 2 juillet dernier, elle revient pour nous sur son parcours, sur les chantiers de la collectivité et sur ses engagements. Portrait d’une élue au caractère bien trempé.




Quel sont vos parcours professionnel et politique ?

Titulaire d’un Brevet de technicienne en chaudronnerie et d’un BTS en machinisme agricole, j’ai d’abord travaillé dans le monde agricole, dans un syndicat puis pour une association d’accompagnement de paysans. J’ai ensuite repris une formation en alternance en développement local et me suis intéressée au monde de la petite enfance ; j’ai été directrice d’une association portant un projet de crèche en horaires décalés et directrice du pôle de développement de l’Économie sociale « Réso Solidaire ». C’est là que j’ai pris conscience du rôle possible des collectivités et que j’ai compris que c’était pour l’ESS que je voulais travailler.
En 2014, j’ai intégré la liste des candidats et été élue conseillère municipale, en charge de quartiers en politique de la ville. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la réalité des territoires dits « prioritaires » et les quartiers ANRU. Et que je me suis dit que ce serait bien de mettre de l’ESS là-dedans. Lorsqu’on m’a sollicitée pour les élections départementales, j’ai longtemps réfléchi ; je ne voulais pas tout mélanger et il fallait que je fasse des choix. J’avais à l’époque différents engagements associatifs et professionnel. J’ai alors choisi de me concentrer sur mes mandats d’élue et de mettre entre parenthèse mes activités professionnelles.

Quelle est la politique du conseil départemental en matière d’ESS ?

La Bretagne est un territoire très structuré en matière d’économie sociale et solidaire et le conseil départemental a depuis longtemps une politique qui lui est dédiée. Mon prédécesseur (Jean-Yves Praud) en charge de l’économie sociale et solidaire avait une grosse délégation qui comprenait la protection de l’enfance et l’insertion. L’enjeu du nouveau mandat a été de continuer à faire de l’ESS une politique lisible, forte et homogène. Et nous mettons en oeuvre les conditions de la transversalité de l’ESS, de façon à ce qu’elle soit présente dans toutes les politiques publiques. L’objectif est de garder une politique spécialisée mais d’en insuffler partout !

La politique ESS du Département est ainsi articulée autour d’axes forts comme le soutien aux initiatives innovantes (à travers un fonds permanent, un appel à projets...), le soutien à l’insertion, le portage d’une monnaie locale complémentaire (le Galléco), le soutien aux pôles de développement de l’ESS à l’échelle des Pays,... Et d’expérimentations que nous poursuivons, comme notre politique en faveur des Coopératives Jeunesse de Services (CJS). Actuellement, sur les 21 CJS en France, 5 sont sur notre territoire, dont 3 en zones urbaines sensibles. Les CJS sont un bon moyen de lier ESS et politique de la ville. Ce sont, en plus, des projets qui nous interrogent et ouvrent des perspectives : sur la mise en place de coopératives scolaires dans les collèges, sur la question de l’autonomisation des jeunes dans nos politiques en faveur de la jeunesse...
D’autres chantiers sont en cours. Sur la place des citoyens dans les projets de territoires ou l’économie collaborative par exemple. Nous avons également financé une étude de faisabilité sur l’innovation sociale et l’entrepreneuriat en ESS qui a pour objectifs de développer une plateforme d’innovation sociale et un incubateur « ESS et innovation sociale », pour soutenir l’émergence de créateurs, à l’échelle des Pays, qui est une échelle de proximité pertinente.

Enfin, nous menons un gros travail d’accompagnement sur la commande publique responsable et avons mis en place un comité local sur le commerce équitable. Nous avons par exemple organisé une journée avec les communes pour expliquer concrètement comment acheter des produits issus du commerce équitable, nous réalisons des notes internes, organisons régulièrement des temps d’informations... Et soutenons également les dynamiques de mise en réseaux et de plates-formes comme laboss.fr, destinée aux professionnels ou moniquesolidaire.fr, destinée aux particuliers.

Comment abordez-vous l’articulation de ces axes avec ceux de la politique de la ville ?

Côté politique de la ville, à l’inverse de l’ESS, on en est au début des réflexions au département. Pour nous aider, nous nous appuyons sur les partenaires locaux et sur des réseaux. Je m’implique par exemple dans le chantier « politique de la ville » mené par le RTES, dont l’un des objectifs est de repérer des initiatives à échelle nationale.
Au sein de la collectivité, nous travaillons sur les manières dont l’ESS peut avoir un effet levier sur les projets de développement économique dans les quartiers et sur les manières dont elle peut y favoriser la création d’entreprises. Car l’ESS reste quand même très axée sur le développement des territoires, notamment en milieu rural. On ne pense pas spontanément aux quartiers en politique de la ville.

Quels moyens développez-vous pour mettre en place ces chantiers ?

L’équipe a fortement été renouvelée depuis les dernières élections : 60 % des élus sont nouveaux. Il faut donc, d’abord et pour tous, du temps, pour comprendre le fonctionnement du conseil départemental, prendre en main les dossiers, et apprendre à changer de posture. C’est une culture commune à avoir, ce qui n’est pas toujours facile.
Avec la loi NOTRe, le conseil départemental ne peut plus faire de soutien direct aux entreprises, il faut donc également que nous revoyons nos modalités d’intervention. Et puis, aujourd’hui, nous sommes obligés de couper dans les budgets. Plutôt que de le faire de façon bête et méthodique, nous voulons montrer qu’on peut le faire de manière intelligente.
Ce n’est pas simple : il faut poursuivre tout en s’adaptant, dans un environnement changeant et mouvant. Mais c’est un choix fort et symbolique de la part du département de garder une vice-présidence à l’ESS.

Pourquoi vous êtes-vous présentée au Conseil d’administration ?

Nous sommes souvent happés par le quotidien, j’avais besoin de prendre de la hauteur, de prendre des respirations, et de faire des ponts entre le local et le national. Même si en Ille-et-Vilaine, la politique d’ESS est soutenue et portée par le département, ça fait toujours du bien d’échanger et de s’épauler face aux difficultés rencontrées. Je me suis portée candidate au conseil d’administration car je vois aussi l’intérêt de participer à faire poids ensemble sur des sujets nationaux ou européens. Et puis, je me suis dit que ça manquait de Bretons au Conseil d’administration !

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