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Le commerce de proximité : de l’innovation sociale ?

par Scop La Peniche pour le RTES - le 9 novembre 2012
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Récompensé en 2012 par le prix de l’innovation sociale, la Scic Le Champ Commun n’est pourtant « qu’un » bar-épicerie. Installée à Augan dans le Morbihan, la Scic a été créée en 2010 et développe depuis ses activités au bénéfice des habitants du territoire. Et l’innovation réside peut-être là : mobiliser de nombreux habitants autour d’un projet de commerce de proximité, dans un cadre collectif, garant de l’intérêt général. Rencontre avec Mathieu Bostyn, gérant de la Scic.




Comment est né le Champ Commun ?

Comme beaucoup de projets, notre Scic est née de rencontres, d’opportunités autour d’un lieu et surtout d’une envie de travailler ensemble. Forts d’une première expérience collective dans un commerce de proximité d’Augan, nous avons voulu poursuivre cette dynamique avec notre propre activité toujours dans une logique d’implication dans la vie de notre commune. Nous avons rapidement pu mobiliser plus de 60 personnes prêtes à participer au capital de la future Scic. Notre idée était de créer un commerce de proximité répondant aux besoins de la population, valorisant les produits locaux, tout en offrant un environnement de travail de qualité aux salariés de la Scic. Notre but est aussi d’amener les gens à réfléchir sur leur consommation mais sans les culpabiliser, et dans la souplesse. Nous proposons donc des produits alimentaires conventionnels de l’agro-industrie et les produits bio et locaux que nous souhaitons promouvoir. Par ailleurs, la solidarité, l’échange et la transmission des savoirs sont également au cœur de la vie du Champ Commun. Nous proposons de nombreux ateliers de transmissions de savoirs pour offrir aux gens la possibilité d’être autonome. Mais nous gardons bien en tête que, pour qu’elle ne soit pas subie, l’autonomie doit être accompagnée de solidarité et d’action collective. Le statut Scic répond bien à ces tensions entre collectif et individu : il permet de dépasser l’activité marchande qui fait vivre l’entreprise, et implique collectivement pour aller vers l’intérêt général.



Comment a été accueilli votre projet ?

Au départ, avec méfiance pour une partie de la population... Les habitants ont d’abord eu peur que notre projet, contrairement à son objectif de défense des services de proximité, achève les derniers commerces du village. Peut-être véhiculions-nous pour eux l’image de « gentils barbus idéalistes ». Aujourd’hui, ces premiers a priori ont été dépassés. Le Champ Commun mène la vie d’un commerce de village classique et accueille toute la diversité de la population d’Augan. De même, le scepticisme institutionnel est derrière nous. Nous avons fait nos preuves et tout le monde voit bien que notre entreprise fonctionne. Pourtant, il a été difficile de se faire accompagner et de financer le démarrage de nos activités. Notre dossier était pourtant plus que solide respectant les exigences des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprises. Mais dans une période de concentration des activités économiques sur les petits ou grands centres urbains, créer collectivement un commerce de proximité en zone rurale sortait du cadre établi... Depuis la mairie est régulièrement sollicitée par d’autres collectivités désireuses d’implanter un commerce de ce type dans leur village. Nous avons nous-mêmes reçu de nombreux porteurs de projet et une vingtaine de maires qui s’intéressent à notre Scic.



Que leur dites-vous ?

Qu’ils n’oublient pas le facteur temps ! Le temps long nécessaire au collectif pour la construction d’une culture commune (nécessaire à la réalisation du projet) se heurte souvent au court terme des impératifs de la vie économique. S’ajoute à cela, le temps d’acceptation du projet par le territoire et sa population. La confiance des élus est souvent la porte d’entrée pour accéder à d’autres soutiens... Je pense qu’ils auraient tout à gagner à s’intéresser davantage aux initiatives qui naissent sur leurs territoires, et à s’affranchir des schémas de développement économique « copiés-collés » proposés par des bureaux d’études. Nous nous intéressons par exemple à la démarche des pôles ESS qui pourraient accompagner l’émergence d’un autre modèle de développement social et économique local. Nous sommes des adeptes du construire ensemble.


Pour en savoir plus : http://www.lechampcommun.fr

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