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« Les emplois d’avenir peuvent être une chance pour les jeunes comme pour les collectivités »

par Scop La Peniche pour le RTES - le 13 mars 2013
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Elu depuis 1994 au conseil municipal de la ville de Grenoble, Abderrahmane Djellal est, en 2013, adjoint en charge de l’économie et de l’emploi. Alors que le déploiement des emplois d’avenir se fait plus lentement que prévu, l’emploi des jeunes doit rester une priorité pour un développement équilibré des territoires. Rencontre.

La ville de Grenoble a signé une centaine de contrats « emplois d’avenir ». Comment une collectivité peut se saisir de ce dispositif pour développer l’emploi des jeunes ?
A Grenoble, ces emplois sont proposés par la ville, le CCAS et les sociétés d’économie mixte où Grenoble est représentée. Ils concernent donc des métiers très divers : propreté, action sociale, espaces verts, sport... Cela n’a pas été facile de convaincre de la pertinence de ces contrats, il a fallu vaincre de nombreuses réticences : coût pour la collectivité, manque de perspectives sur la fin des contrats, profil des jeunes concernés par le dispositif... Mais l’emploi des jeunes est une priorité, les collectivités doivent aussi faire preuve de solidarité et agir dans l’intérêt de la jeunesse. Ces contrats sont une opportunité pour les jeunes embauchés en leur permettant de se former et de créer ou renforcer leur expérience professionnelle. Mais ces emplois sont aussi une chance pour les collectivités qui peuvent s’en saisir à moindre coût, grâce aux aides de l’Etat, pour anticiper des besoins futurs en ressources humaines mais aussi pour apporter un nouveau dynamisme, un regard différent sur le service public. D’ailleurs les premiers retours du terrain sont très bons, ces jeunes veulent montrer leur capacité à travailler, à s’insérer dans une équipe.

Pensez-vous que l’ESS doive aussi se saisir de ce dispositif ?
Bien sûr, les emplois d’avenir sont adaptés aux petites structures comme aux grands acteurs du secteur. Economiquement intéressants, ils permettent de renforcer les équipes et de trouver de nouveaux porte-parole dynamiques pour faire connaître ce qu’est l’ESS auprès de populations qui ne connaissent pas forcément le secteur. Cela peut-être un vrai point d’appui pour développer l’engagement associatif. L’ESS porte des valeurs de solidarité, c’est l’occasion de donner encore une fois l’exemple. Mais pour le moment, il y a des réticences, le secteur n’est pas encore au rendez-vous. Pourtant, les premiers retours sont également très positifs, je pense notamment à une maison de l’enfance qui a embauché 3 jeunes à la satisfaction de tout le monde : jeunes, équipe salariée et usagers !

Quel est le rôle de la mission locale de Grenoble, que vous présidez, dans le déploiement du dispositif ?
La mission locale est mandatée par l’Etat pour signer les contrats avec les employeurs et les jeunes. Notre rôle est de les accompagner : les jeunes sont préparés et nous travaillons à la définition des profils de poste avec les employeurs. Nous informons sur les droits et devoirs de chacun et nous contrôlons que l’esprit du dispositif soit bien respecté notamment sur son volet formation. Enfin pour anticiper d’éventuelles difficultés et adapter le dispositif, nous allons installer un comité de pilotage trimestriel pour suivre la montée en puissance des emplois d’avenir. La mission locale dispose aujourd’hui d’une « enveloppe » pour 250 postes mais nous pourrons nous adapter à la demande si de nouveaux besoins apparaissent. La jeunesse est une priorité nationale, les missions locales doivent être en première ligne. A côté des emplois d’avenir, nous allons par exemple demander à faire partie des missions locales « test » qui vont porter le programme d’allocations d’insertion « garantie jeunes » pour lutter contre la précarité dans laquelle une partie de la jeunesse est tombée.

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