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« Nous sommes partis de besoins locaux non satisfaits pour permettre l’émergence d’activités économiques » - Entretien avec Rose-Marie Saint-Germès Akar

par Martin Besnier - le 10 mai 2016
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Rose-Marie Saint-Germès Akar est conseillère communautaire chargée de l’ESS et de la coopération décentralisée à la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et membre du Conseil d’administration du RTES.





Cet entretien revient sur les actions développées par l’agglomération de Cergy-Pontoise dans le cadre de son Plan Local de Développement de l’ESS, sur les liens concrets observés entre ESS et coopération décentralisée, et sur les apports du RTES.

Le Plan Local de Développement de l’ESS (PLDESS) de l’agglomération de Cergy-Pontoise a débuté en 2012. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Tout d’abord, il faut rappeler que dès le départ, nous étions dans une dynamique de concertation à travers la réalisation d’un diagnostic partagé et d’un plan d’actions co-construit avec les acteurs locaux qui a débouché en 2012 sur le PLDESS de l’agglomération. Le plan de Cergy-Pontoise repose sur trois axes principaux :
- encourager la création et le développement d’entreprises et d’emplois de l’ESS,
- favoriser l’innovation sociale pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux du territoire,
- valoriser les acteurs de l’ESS et les mettre en réseau.

Dans le cadre du premier axe, nous avions fait le constat qu’il y avait peu d’entrepreneurs ESS sur le territoire, ce qui nous a décidés à mettre en place un « Carrefour des projets », qui en est aujourd’hui à sa 7ème édition. Il s’agit d’un dispositif d’accompagnement collectif des porteurs de projets d’ESS du territoire, visant à transformer leur idée en activité économique concrète. Ces carrefours sont co-animés par l’agglomération de Cergy-Pontoise, en lien avec des partenaires d’aide à la création d’entreprises. A l’issue de ces carrefours, un accompagnement individualisé est proposé aux porteurs de projets. Et afin de poursuivre la dynamique collective, il est proposé à l’ensemble des participants de se réunir toutes les six semaines dans le cadre du carrefour 2.0 pour continuer à échanger sur leur projet entre pairs et en présence d’experts de la création d’entreprises et d’entrepreneurs.

Afin de répondre à l’enjeu de l’innovation sociale, nous sommes partis de besoins locaux non satisfaits pour permettre l’émergence d’activités économiques et ainsi la création d’emplois. Dans ce cadre, nous avons ciblé l’économie circulaire qui répond également au Programme Local de Prévention des déchets (PLPD) de Cergy-Pontoise. Nous sommes en train de mener, avec l’élu de l’agglomération en charge du traitement et de la valorisation des déchets, un chantier transversal dans l’optique de faire émerger de nouvelles activités d’ESS à partir de la récupération, de l’évitement, de la réparation d’objets et du recyclage des déchets et de structurer une dynamique autour de cette thématique. Plusieurs initiatives ont déjà émergé de cette démarche.

Enfin dans le cadre du troisième axe du PLDESS, nous avons mis en place un guide pratique de l’ESS qui recense et valorise les acteurs locaux de l’ESS. De plus, l’agglomération de Cergy-Pontoise anime deux fois par an un comité des partenaires ESS qui vise à favoriser les échanges entre les acteurs du territoire (réseaux ESS, institutions dont les communes de l’agglomération, établissements d’enseignement supérieur, structures d’accompagnement à la création d’entreprise, chambres consulaires…) Depuis 2010, nous avons une vraie volonté politique que l’ESS ne se retrouve pas « à la marge », pour qu’elle soit vraiment partie prenante du développement économique de notre territoire en l’intégrant à part entière dans notre stratégie de développement.

A l’avenir, mon ambition est de rapprocher encore les acteurs de l’économie dite « classique » de l’ESS, notamment au travers de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Et nous ferons un bilan du PLDESS d’ici la fin du mandat en 2020.

Vous êtes conseillère communautaire chargée de l’ESS mais aussi de la coopération décentralisée. Quels liens établissez-vous entre ces deux champs d’action publique ?

On peut beaucoup théoriser sur les liens entre ESS et coopération décentralisée, il y a forcément des valeurs et un état d’esprit partagés mais concrètement c’est avant tout un réseau d’acteurs commun.

Par exemple, dans le cadre d’un partenariat avec une collectivité au Bénin, notre agglomération avait sollicité une association d’insertion de Cergy-Pontoise pour mener des chantiers informatiques qui ont d’ailleurs eu des résultats très positifs. Ce projet de chantiers a permis à l’association de se faire connaître sur notre territoire et elle est aujourd’hui devenue un partenaire pour d’autres politiques publiques de l’agglomération. De plus, dans le cadre d’un nouvel axe de notre politique de coopération décentralisée sur la culture et le tourisme au Bénin, nous travaillons avec une association de tourisme solidaire (Babel Voyages) qui est accompagnée par un incubateur de notre territoire. Enfin, un autre exemple emblématique de ces liens entre acteurs de l’ESS et de la coopération décentralisée, c’est la genèse du Repair Café, une association qui propose des ateliers de réparations et qui fonctionne très bien. Sa naissance est liée au programme de coopération décentralisée d’une des communes de l’agglomération – Vauréal -, qui envoyait dans ce cadre des vélos réparés ici dans le cadre d’une démarche citoyenne à une collectivité partenaire au Bénin. Quelquefois des activités de solidarité sont pensées pour ailleurs et peuvent aussi avoir du sens et un impact sur notre propre territoire !

(Retrouvez l’étude de l’Agence Française pour le Développement et de la Région Île-de-France/ARENE intitulée "L’ESS, un atout pour la coopération décentralisée").

Quelles sont vos attentes vis-à-vis du RTES et comment voyez-vous son rôle dans les années à venir ?

Comme d’autres, je fais le constat que nous avons nous élus besoin de nous connaître et de nous renforcer mutuellement, d’être en réseau. Grâce au RTES, je suis ravie de pouvoir connaître ce qui se passe ailleurs, savoir ce qui est possible et découvrir qu’on peut faire autrement. En plus, le RTES nous aide à améliorer notre réflexion, sinon on peut très vite tourner en rond. Quand on prend par exemple les actions et réflexions menées autour de la loi ESS, on voit bien que les collectivités à elles seules n’auraient pas pu capitaliser tout ça sans le travail du RTES.

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