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« Nous voulons promouvoir l’ESS par la preuve, par ses actions » - Entretien avec Philippe Frémeaux

par Martin Besnier - le 12 décembre 2018
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Phillippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Économiques, et à l’initiative des Journées de l’Économie Autrement, revient pour nous sur leur 3ème édition et sur l’actualité de l’ESS.

Quel est votre regard sur l’édition 2018 des Journées de l’Économie Autrement , qui viennent de se tenir à Dijon les 23 et 24 novembre ?

Ce que nous avons engagé depuis 3 ans a été renouvelé avec succès. Nous faisons se rencontrer des universitaires et des chercheurs, des élus et décideurs publics, et des acteurs de l’ESS, engagés sur le terrain, pour débattre des enjeux auxquels la société française est confrontée sur le plan économique, social, environnemental.

Nous ne voulons pas faire une manifestation de promotion de l’ESS en tant que telle, mais plutôt montrer comment l’ESS prend sa part dans les réponses à apporter aux problèmes de notre société. En sachant que l’ESS n’est pas à même de tout résoudre. Nous voulons promouvoir l’ESS par la preuve, par ses actions.

Plénière d'ouverture des Journées de l'Économie Autrement

Ces Journées de l’Économie Autrement ont rassemblé 2000 personnes et 130 intervenants sur 2 jours, 2 plénières, 16 tables rondes, 3 conférences-débats et 16 ateliers. La moitié des intervenants étaient présents à une « fête de l’économie autrement » organisée le vendredi soir, qui a permis de favoriser les échanges entre acteurs d’horizons différents. L’objectif de ces Journées est ainsi d’être un lieu d’échanges et de débat, où chacun s’enrichit du contact avec les autres.

Par exemple, la conférence-débat sur les « nouvelles frontières de l’ESS : de la loi Hamon à la loi PACTE » a permis de faire converger des acteurs qui viennent de positions parfois éloignées. Certains se méfiant d’une possible dilution de l’ESS, d’autres étant prêts à ouvrir la porte à d’autres statuts, d’autres enfin, militant en faveur d’une transformation des statuts de toutes les entreprises afin d’associer pleinement toutes les parties prenantes.

Les ateliers visaient quant à eux à mettre en valeur des expériences, sur le mode d’un échange de bonnes pratiques entre différents acteurs qui interviennent sur un même sujet : mobilité inclusive, accès aux soins, création de tiers-lieux, accès au foncier des agriculteurs bios...Autant de sujets sur lesquels l’ESS est active et innovante.

Intervention de François Hollande, lors de la table-ronde "Quand la société s'engage !"

Nous recommencerons l’an prochain, toujours dans la métropole de Dijon, où Alternatives Économiques a son siège social, grâce au soutien de nombreuses organisations de l’ESS, et de la métropole de Dijon, qui met à notre disposition le Palais des Etats de Bourgogne. Nous bénéficions également du soutien du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, avec lequel nous organisons des évènements dans d’autres villes de la région, en lien avec ces Journées.

Retrouvez également l’article retour du RTES sur ces Journées de l’Économie Autrement.

Le 29 novembre 2018, le gouvernement présentait notamment le Pacte de croissance pour l’ESS. Quel regard portez-vous sur ces annonces ?

Le Pacte de croissance pour l’ESS met en scène une série de décisions qui ont déjà été prises ou qui commencent à être mises en œuvre. On y retrouve les contradictions de toute politique de l’ESS, quelque soit la bonne volonté du Haut-commissaire :

L’ESS n’est pas un secteur en tant que tel. Les acteurs de l’insertion par l’activité économique regardent plutôt les politiques en matière d’emploi ; les acteurs du sanitaire et social ont comme premier interlocuteur la ministre de la Santé ; les coopératives agricoles travaillent avec le ministre de l’Agriculture…Comme l’ESS est présente partout, il ne suffit pas de regarder le budget et les actions du Haut commissaire pour vraiment juger de son développement. D’autant plus que beaucoup de choses se jouent également au niveau des collectivités territoriales, du fait de la dimension territorialisée de l’ESS, comme vous le savez bien au RTES.

Ce Pacte de croissance comporte des mesures intéressantes, qui ne vont sans doute pas assez loin. Mais surtout, le paradoxe est que les décisions majeures concernant l’ESS sont prises, de facto, dans d’autres ministères.

On pourrait en dire autant du Plan Pauvreté du Gouvernement, intéressant à de nombreux égards, mais qui s’inscrit dans un cadre politique plus général qui en limite la portée. Vous ne pouvez pas avoir une politique très libérale de l’emploi ou du logement, et ensuite espérer que le Plan Pauvreté va tout résoudre.

Retrouvez également l’article du RTES sur les dernières annonces concernant l’ESS (Projet de Loi de Finance 2019, Pacte de croissance pour l’ESS, feuille de route de la vie associative, Proposition de loi relative à l’amélioration de la trésorerie des associations).

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