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Retour sur l’atelier "territoires ruraux" des Journées de l’Économie Autrement

par Martin Besnier - le 6 décembre 2017
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La deuxième édition des Journées de l’Economie Autrement organisées par Alternatives Economiques se tenait à Dijon les 24 et 25 novembre. Retour de Patricia Andriot, qui représentait le RTES et est intervenue dans la table-ronde "les territoires ruraux : oubliés de la République ?".

Cette 2e édition a été l’occasion d’aborder des sujets économiques classiques (alimentation et circuits courts, transition énergétique, mobilité, nouvelles formes d’emplois) et plus hétérodoxes (la pensée d’André Gorz, "civiliser la mondialisation", les nouvelles formes et enjeux de la coopération…) lors de multiples conférences et ateliers.

Patricia Andriot participait à une table-ronde sur la ruralité, qui abordait le sujet sous l’angle inhabituel de la remise en cause de l’idée selon laquelle les territoires ruraux seraient les oubliés de la République. Elle est intervenue aux côtés de Philippe Estebe, qui vient de publier "L’égalité des territoires, une passion française"et de Dominique Rivière du Parc du ballon des Vosges.

Les trois intervenants sont tombés d’accord pour rappeler que si la réalité des politiques publiques et moyens destinés à ces territoires contredit cette idée largement véhiculée, ce ressenti est lui par contre bien réel. Le sentiment de ne pas être en capacité de monter dans le train de la mondialisation est réél, même si des chiffres (taux d’équipement par territoire, nombres de médecins par territoire...) montrent que les plus mal lotis ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

L’analyse fine des résultats électoraux de 2017 montre une territorialisation moins flagrante qu’annoncée des votes. Des exemples illustrent l’écart entre une réalité qui montre parfois de nouvelles écoles, de nouveaux services, avec les maison de services au public, mais qui n’effacent pas l’idée du "c’était mieux avant".

Les services changent dans leur organisation, s’adaptent à des besoins nouveaux. A noter aussi l’écart entre les décideurs publics des territoires ruraux et les habitants rééls. Le renouvellement de la population opère aussi dans ces territoires et ce n’est pas toujours pris en compte dans les discours. Et finalement, le ressenti de l’abandon est parfois un peu trop porté par les élus locaux, qui aiment jouer cette partition.

Des exemples montrent pourtant que bien des projets ne se réalisent pas, pas tant par manque d’argent (sous-consommations, reprise de crédits non engagés...) que par manque d’intelligence collective, de capacité à faire ensemble ou aussi de capacité d’ingénierie locale.

Des exemples montrent aussi que les territoires ruraux ne sont pas les derniers dans les initiatives nombreuses de la société civile, et que les projets fourmillent autant voir plus sur ces territoires que sur des territoires plus aisés.

Dans ces conditions, quels sont les enjeux des territoires de demain et quels sont les déterminants du développement d’un territoire ?

Il ne faut pas minimiser le fait que certains territoires n’arrivent pas à trouver le ressort de leur développement.

Il s’agit d’abord de changer de posture pour passer de l’idée d’une politique d’égalité territoriale, - ou politique sociale de la ruralité - à une vraie reconnaissance des ressources et richesses de ces territoires pour relever les défis sociétaux de demain.

Pour ce faire, la volonté politique, la capacité de coopération, l’intelligence collective locale, l’évitement aussi de l’enfermement dans un discours trop autarcique, la reconnaissance de l’ESS, sont partout mises en avant comme des conditions de ce développement.

Mais regardons aussi du côté des politiques publiques, qui si elles n’ont pas été absentes doivent tout de même évoluer dans leur conception : en sortant du prisme agricole qui a souvent prévalu à la distribution des crédits. En sortant aussi d’une logique de mise en concurrence des territoires, que développe la culture excessive de rationalisation des fonds publics par le recours systématique à l’appel à projet. Et enfin, ce qui sera sans doute la grande affaire de la rénovation de la pensée de l’aménagement territorial, plaider pour un renouveau du lien urbain–rural.

Une autre voie, sans doute plus ambitieuse tout autant que plus fertile, serait aussi celle de la remise en cause du logiciel économique du capitalisme spéculatif, pour penser vraiment ESS au sens reconnexion économique et sociale et pas une politique ESS vue comme un secteur à part.

Car, dans ces territoires, comme dans les territoires urbains en difficulté, on voit bien que la renaissance et le développement passent par des acteurs de l’ESS et donc par une co-construction pouvoirs publics / acteurs des solutions.

Autant de pistes qui sont aujourd’hui abordées par les pouvoirs publics mais de manière finalement assez elliptiques et qu’il conviendraient de mettre plus au cœur des discours et des actes.

Pour une présentation de la séance d’ouverture, voir le retour de Jean-Louis Cabrespines sur le site Miroir Social

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