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Retours sur la conférence en ligne « Habitat & ESS – Quels leviers pour la transition écologique ? » du 16 octobre 2018

par Chloé Sécher - le 24 octobre 2018
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La rénovation de l’habitat est identifiée comme un levier clé pour la transition écologique : le secteur du bâtiment est en effet le premier consommateur d’énergie, devant les transports et l’industrie. C’est également un enjeu social : lutter contre la précarité énergétique. L’éco-construction et l’éco-rénovation ont été identifiées comme secteurs à forts potentiels de développement pour l’Économie Sociale et Solidaire.

A partir des témoignages d’acteurs et de collectivités, cette visioconférence était l’occasion de voir comment les services Habitat et ESS des collectivités peuvent travailler en transversalité et avec les acteurs sur ces enjeux.

(Re)visionnez la conférence sur la plateforme IDEAL Connaissances.

Gérard Dechy, président du PADES et administrateur d’Acteurs pour une Economie Solidaire Hauts de France rappelle que si la transition écologique passe par une redéfinition des énergies utilisées, il est en premier lieu nécessaire de diminuer les consommations d’énergie. Or le logement et le transport étant les deux premiers postes de consommation d’énergies, il convient d’agir sur ces secteurs d’activité en priorité.

Gerard Dechy nous rappelle que la majorité des gens vivent dans des "passoires à calories" et invite acteurs et collectivités à voir la rénovation des bâtiments comme une création d’activités et de richesses nouvelles au bénéfice direct de nos territoires de vie, d’une économie réelle, de proximité, non délocalisable. Il rappelle également que la rénovation a des effets sur la valeur du patrimoine bâti et l’image du territoire.

Gérard Dechy présente ensuite l’Auto-Réhabilitation Accompagnée (l’ARA), qui intègre les habitants au processus de rénovation. Dans le cadre de l’ARA, les habitants sont accompagnés par des professionnels qui garantissent la réalisation des travaux dans les règles de l’art : cela permet de déclencher des travaux qui n’auraient sinon pas vu le jour, et cela crée aussi les conditions d’un usage pérenne et de la maintenance de l’habitat par ses occupants. Les expérimentations menées dans le cadre de l’ARA sont souvent adressées à des publics en difficulté, alors qu’en se généralisant à tous les publics dans des politiques publiques coconstruites sur les territoires, l’ARA représenterait un levier supplémentaire pour permettre à tous les habitants de passer à l’acte en étant associés aux mesures prises pour améliorer leur cadre de vie. Si l’ARA suppose une formation spécifique des professionnels sur la dimension du "faire faire/ faire avec", l’ARA et les chantiers hybrides qu’elle induit ouvrent de nouveaux marchés aux entreprises implantées sur ces territoires et aux artisans en particulier. A condition que les territoires s’en emparent.

Héloïse Delmotte, chargée de mission Service Habitat de la Métropole Européenne de Lille, présente la façon dont la Métropole Européenne de Lille (MEL) s’est emparée de l’Auto-Réhabilitation Accompagnée (ARA). 1 ménage sur 5 de la métropole est en dessous des seuils de pauvreté et 15% à 25% des ménages du territoire sont en situation de précarité énergétique. La MEL a développé un dispositif dédié à l’amélioration de l’habitat : Amélio, qui centralise les différents dispositifs dédiés (Informations, Conseils, Dispositifs d’accompagnement de l’ANAH et de la MEL pour les ménages les plus modestes, définition projet travaux, suivi chantier, ateliers pédagogique, etc.). Coordonné par la Maison de l’habitat durable à Lille, il se déploie sur tout le territoire. Un des axes du dispositif, Amélio + est dédié aux propriétaires les plus modestes et intègre une dimension ARA. La politique de la MEL en matière d’ARA est pour l’instant réservée aux ménages les plus modestes, et porte deux enjeux, une dimension technique de maîtrise du logement et une dimension sociale : créer des liens et restaurer la capacité à mobiliser les richesses du territoire. La MEL a d’abord mené une expérimentation entre 2011 et 2014 avant un déploiement sur tout le territoire entre 2014 et 2018. Durant ces deux phases, une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage a été confiée à l’association nationale des compagnons bâtisseurs, afin qu’ils puissent former trois opérateurs, et un partenariat large est mobilisé : Anah, Région, Département, UDCCAS, communes, Fondation de France et Fondation Abbé Pierre, CAF. Une quarantaine de chantiers ont été finalisés et une vingtaine sont en cours. Si le bilan est variable d’un territoire à l’autre (du point de vue de la mobilisation des opérateurs et/ou de celle des habitants), la MEL souhaite aujourd’hui élargir le dispositif, tant du point de vue des bénéficiaires que des professionnels impliqués. Une charte de l’ARA a été rédigée, en lien avec les acteurs de l’ESS, afin de garantir l’esprit de l’ARA pour les professionnels qui s’y engageraient et un groupe de travail réunissant les opérateurs, les associations et entreprises ESS du territoire concernés est mis en place. Une table-ronde dédiée à l’ARA sera d’ailleurs organisée lors des Assises de l’ESS de la MEL, en lien avec l’APES, le réseau régional des acteurs de l’ESS.

Bernard Lahure, responsable d’Eco-Trans-Faire et Adrien Zolfo, maire de Saulnes (54) ont ensuite présenté la démarche Saulnes en transition. EcoTransFaire, est un Groupement Européen d’Intérêt Économique qui travaille sur la Grande Région (à cheval sur une partie de la région Grand Est, Luxembourg, Allemagne, et Wallonie) sur 4 axes : la transition et la résilience, l’ESS (avec notamment le lancement récent d’un cluster sur l’ESS sur la Grande Région), la sociologie de l’usage du bâti et des territoires et les outils financiers. Sur Saulnes, le travail mené par EcoTransFaire est notamment financé par la Région Grand-Est et le programme Climaxion. Saulnes est une commune située à la frontière luxembourgeoise qui compte aujourd’hui 2500 habitants (4000 du temps de la sidérurgie), confrontée à une problématique de dégradation de l’habitat avec une centaine de maisons vides sur les 1000 de la commune, et une spécificité : des maisons alignées qui supposent des rénovations groupées. A partir du projet de rénovation groupée de 15 maisons, EcoTransFaire a proposé une approche globale et communautaire. Celle-ci s’appuie sur l’acculturation et la montée en compétence des habitants sur les enjeux de transition et résilience mais aussi sur la mobilisation de la commune et des entreprises locales. Plusieurs thématiques sont abordées : l’urbanisme, la gouvernance (mise en place d’un comité de pilotage « Saulnes 2030 »), les énergies renouvelables et la rénovation de l’habitat. De nombreuses actions sont déjà menées, une coopérative a par exemple été constituée pour la gestion de l’énergie solaire et pour assurer le rôle de tiers de confiance rénovation et les travaux seront lancés en 2019. Cette phase essentielle de sensibilisation et de réappropriation du territoire d’un an et demi a permis à la commune de s’engager dans la convention des maires pour le zéro carbone d’ici 2050. Toute cette dynamique présentée s’appuie sur : la mobilisation des habitants, l’engagement indispensable de la commune et des élus, et l’écosystème territorial , autour d’un principe d’économie symbiotique.

Ressources :
- l’intervention de Gérard Dechy, président du PADES (Programme Autoproduction et Développement Social) et administrateur de l’APES (Acteurs Pour une Économie Solidaire Hauts de France)
- la présentation d’Héloïse Delmotte, chargée de mission Service Habitat de la Métropole Européenne de Lille
- la présentation de Saulnes en transition par Bernard Lahure et Adrien Zolfo

Documents joints

  • Intervention G. Dechy (PDF - 836.4 ko)
  • HDELMOTTE_presentation (PDF - 1.8 Mo)
  • BLAHURE_AZOLFO_presentation (PDF - 1.1 Mo)

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