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« S’appuyer sur les compétences et les savoir-faire des habitants » Entretien avec Patrick Vassallo

par Martin Besnier - le 4 septembre 2018
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Patrick Vassallo est conseiller communautaire délégué au développement local de Plaine Commune et maire adjoint à l’ESS à Saint-Denis. Il a été élu au conseil d’administration du RTES lors de l’AG du 4 juillet. Il nous présente le séminaire « Politique de la ville & ESS » qui sera accueilli à Plaine Commune le 18 septembre prochain et son regard sur l’activité du réseau.

Plaine Commune accueillera le séminaire « Politique de la ville & ESS » du 18 septembre prochain aux Archives nationales. Qu’attendez-vous de ce séminaire ?

Ce séminaire marque le premier aboutissement d’un travail commun entre le RTES et le CGET et sera l’occasion de faire le point avec nos différents partenaires. Favoriser l’implantation d’activités relevant de l’ESS en quartiers Politique de la ville à partir des savoir-faire des habitants est une ligne d’action récurrente du RTES, tandis que le CGET allie de plus en plus la question de la rénovation économique des quartiers à la rénovation urbaine.

Plusieurs études ces derniers temps confirment ce que les acteurs de terrain et les CRESS observent : à savoir un véritable dynamisme de l’ESS dans les quartiers populaires, notamment en quartiers Politique de la Ville. On remarque que le mouvement de l’ESS a plutôt mieux résisté que ce que l’on pouvait craindre suite aux annonces brutales de l’été 2017. Cela prouve que ce dynamisme repose sur des ressources qui ne sont pas seulement institutionnelles. La nouvelle phase d’étude engagée par le RTES, autour d’un panel d’une vingtaine d’initiatives ESS, démontre aussi ce dynamisme. L’ESS est présente dans de multiples secteurs, dont certains très qualitatifs, je pense par exemple à l’atelier de mode solidaire « ModEstime », qui fait de la haute-couture adaptée aux personnes en situation de handicap.

Deux points transversaux me tiennent particulièrement à coeur, sur lesquels nous travaillons à Plaine Commune :

- la question de l’accompagnement des femmes souhaitant créer leur activité économique en quartier populaire,

- et plus largement, comment faire de la création d’activité ESS en quartiers Politique de la ville un facteur d’intégration ? A la demande du cabinet de Manuel Valls, lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, j’avais travaillé sur les modalités d’intégration des migrants et je maintiens mes propositions faites à l’époque : il faut traiter la question de l’intégration dans toute sa dimension, et notamment économique.

Comment selon vous, renforcer la place des habitants dans l’émergence des initiatives ESS en quartiers Politique de la ville ?

En s’appuyant sur les compétences et savoirs-faire des habitants, plutôt que de chercher à implanter dans ces quartiers des initiatives économiques qui se développent bien ailleurs ou inversement qui ne trouvent pas leur équilibre économique ailleurs et dont on pense qu’elles pourraient le trouver en s’installant dans les quartiers prioritaires.

Il s’agit de donner aux habitants un kit de ressources pour les aider à créer leur propre activité, dans le sens où ils le souhaitent, en respectant les organisations familiales, amicales, les habitudes culturelles qui existent dans ces quartiers et qui ont parfois été les conditions de la survie ou de l’intégration.

Selon vous, quelles sont les modalités d’accompagnement spécifique des projets d’ESS en quartiers Politique de la ville ?

La première modalité, c’est de rappeler que les quartiers prioritaires ont pleinement droit aux politiques de droit commun. Ensuite, dès lors qu’on considère qu’il y a, de la part de la société et de l’État, un devoir de réparation et de rééquilibrage face aux déséquilibres et inégalités territoriales pointés par de multiples rapports, cela suppose un plan spécifique. Le plan Borloo a été rejeté, mais la question reste posée. Les discriminations restent une réalité et nécessitent un accompagnement particulier.

Par ailleurs, il est nécessaire que les structures de coordination, comme les CRESS ou les réseaux tels que le RTES, bénéficient d’une meilleure reconnaissance institutionnelle et de plus d’appuis.

On parle beaucoup d’essaimage de projets, à quelles conditions, selon vous ?

Les politiques d’essaimage, à encourager lorsqu’elles sont bien faites, ne doivent pas se traduire par moins de soutien public. Il ne s’agit pas de copier-coller ou de modéliser mais de partager les points de vigilance et les points de dynamique pour faire gagner du temps à d’autres projets implantés ailleurs.

Il est intéressant de partager un modèle économique qui se développe de plus en plus : où plusieurs structures de l’ESS cultivent à fond leur coeur de métier, tout en mutualisant leurs moyens sur ce qui ne constitue pas leur coeur de métier. Par ailleurs, ne nous interdisons rien, tous les secteurs d’activité, jusqu’aux filières d’excellence, sont accessibles à l’ESS, à partir du moment où on décide d’y aller.

Vous avez été élu au conseil d’administration en juillet 2018. Quelles sont vos attentes vis-à-vis du réseau ?

Je connais bien le réseau, l’ayant fréquenté en tant qu’élu depuis une quinzaine d’années. Le RTES est un réseau irremplaçable qui permet de ne pas travailler seul dans son coin. Plaine Commune est un territoire pilote de l’ESS, avec plus de 800 structures implantées et 9000 salariés dans l’ESS sur le territoire. Il est logique pour nous de vouloir partager notre expérience et en même temps d’apprendre de ce qui se fait dans d’autres territoires.

Le RTES dispose d’une grande autonomie et d’une capacité de dialogue avec des acteurs qui ne sont pas forcément d’accord avec ses positions. Il y a peut-être besoin d’ouvrir des partenariats plus stables avec le CNCRESS et les CRESS, si je peux être utile à cela, je le ferai volontiers.


Retrouvez notre article sur le séminaire "Politique de la ville et ESS" du 18 septembre.

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