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« Manager l’innovation sociale des territoires au service du bien commun » - Entretien avec Othmane Khaoua

par Scop La Peniche pour le RTES - le 13 avril 2015
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Issu d’une formation au management, couplée à un engagement associatif et militant, Othmane Khaoua se définit comme un « manageur de l’innovation sociale ». Conseiller municipal délégué à l’Economie sociale et solidaire pour la ville de Sceaux, il s’est donné pour défi de construire un écosystème territorial favorable au développement de l’ESS et de l’innovation sociale. Un objectif pour lequel la ville est en train de poser des bases collectives.



Quels sont les liens entre votre formation, votre parcours professionnel et votre mandat d’élu ?

Titulaire d’une Maîtrise des Sciences de gestion, d’un DESS en Management et d’un Master en Prospective et stratégie des organisations, j’ai un long parcours dans le conseil et l’accompagnement à la mise en place de solutions de management et de développement d’activités en France et au Québec.
En parallèle, j’ai toujours eu un engagement sociétal très fort en faveur de la construction du bien vivre ensemble, dans ma vie de quartier notamment, où je me suis engagé aux côtés des locataires et des familles pour défendre leurs droits. Un quartier qui prouve et me rappelle tous les jours que la diversité et la mixité sociale, lorsqu’elles sont respectées, considérées et mobilisées autour de valeurs de fraternité et d’actions qui contribuent au bien vivre ensemble, deviennent sources de performance, créatrices de bien-être social et porteuses d’espérance. Dans mon parcours, j’ai toujours recherché les manières de mobiliser cette intelligence collective, de « manager » la diversité et l’innovation au service du bien commun.

En 2007, j’ai rencontré Philippe Laurent [1] (maire de Sceaux), qui m’a proposé d’entrer au conseil municipal à ses côtés. Au début, j’y ai vu l’opportunité de mettre en œuvre concrètement mes convictions. Basé sur mon expérience locale, mon premier mandat fut celui de l’apprentissage. Rapidement je suis devenu un vrai boulimique de connaissances, je voulais tout savoir de la gestion d’une ville, de la manière dont se définit et se met œuvre sa politique tout en tenant compte de ses enjeux et de ses contraintes.

Comment s’est construite la politique ESS à Sceaux ?

Au cours de mon premier mandat, Philippe Laurent m’a confié la mission de réaliser un état des lieux et un diagnostic de l’économie sociale et solidaire sur le territoire. Le rapport que je lui ai remis mettait en avant un tissu d’acteurs de l’ESS très dense ainsi que des propositions pour en favoriser son développement et sa structuration. Par ailleurs, la démarche participative citoyenne « Parlons ensemble de Sceaux », organisée en 2012 [2], a mis en lumière une volonté forte des habitants de la ville à de participer collectivement à des projets du territoire. Répondant à ces besoins, une délégation à l’ESS a été créée et j’en ai pris naturellement sa charge : c’est une thématique qui me permet de concilier approche philosophique et mise en œuvre concrètes de mes convictions.

L’objectif de la politique est de développer une économie sociale, solidaire, collaborative et coopérative, en mobilisant l’intelligence collective présente sur son territoire, pour favoriser l’innovation et l’entrepreneuriat social, les projets ayant un impact social positif et permettant la création de valeur partagée par tous. Cette mise en réseau des acteurs, porteurs de projet et organismes de soutien, doit permettre d’aboutir à la construction d’un écosystème territorial propice au développement de l’ESS, depuis l’émergence de l’innovation et de l’entrepreneuriat social jusqu’à leur mise en œuvre opérationnelle.

Qu’est-ce que cet écosystème territorial de l’ESS ?

La construction de cet écosystème est déjà une innovation sociale ! Présenté pour la première fois lors du forum de l’ESS que nous avons organisé le 22 novembre dernier, cette démarche a pour objectif d’accompagner les projets du territoire à toutes les étapes de leur développement : de l’accueil et l’information, avec la création d’une maison de l’ESS et de l’innovation citoyenne via un portail virtuel dédié, à l’émergence et au développement de l’innovation, en passant par le repérage des initiatives et leurs orientations vers différents acteurs et partenaires locaux et nationaux. Dans cet écosystème, la collectivité a un double rôle : identifier les besoins, avec sa connaissance fine du territoire, et mobiliser pour construire des solutions innovantes, faciliter leur mise en œuvre et leur pérennisation.

Pour nous accompagner dans ce rôle, il nous manquait un outil d’aide au management qui nous permette de repérer les solutions aux projets du territoire et de leur offrir un espace d’échanges et de communication, avant d’entrer dans la phase d’accompagnement par l’écosystème.

Dans le cadre de nos partenariats de haut niveau avec des acteurs locaux et nationaux [3], nous mettons ainsi actuellement en place, avec le réseau social mondial UP Campus (Groupe SOS), une plateforme d’échanges et de collaboration à destination des porteurs de projets à impact social positif du territoire. À la manière d’UP campus, le réseau social territorial UP Sceaux permettra à chaque acteur de se créer un compte, de valoriser son projet, d’échanger avec d’autres,… Et en fonction des thématiques qui émergent, nous organiserons des rencontres entre ces porteurs et les citoyens. Ce premier outil de management de l’innovation sociale à échelle territoriale en France devrait voir le jour avant l’été 2015.

Côté accompagnement, nous prévoyons d’installer, avec Le Comptoir de l’innovation, un incubateur territorial à destination d’entrepreneurs sociaux classiques et envisageons faire la même chose pour les 10000 étudiants qui fréquentent les établissements de Sceaux. L’objectif sera de mobiliser l’intelligence collective et l’imagination citoyenne au service d’un entrepreneuriat social qui réponde aux besoins du territoire. 
Nous avons également soutenu la création d’un espace de coworking, Sceaux Smart [4], qui regroupera des lieux de travail flexibles et avons encouragé la création d’une AMAP. Nous travaillons avec microDON à la mise en place du concept de l’arrondi au profit des associations de notre territoire, et développons des actions de mobilisation en faveur du bénévolat pour lutter contre l’isolement, favoriser le lien social et intergénérationnel. Enfin, nous mettons en place des partenariats avec des plates-formes nationales de financement classique et participatif, des ateliers, des formations...

Pour quelles raisons avez-vous adhéré au RTES ?

Fidèle à sa vision humaniste, la Ville de Sceaux a d’abord adhéré au RTES pour soutenir une initiative courageuse de proposer, à des élus qui croient en l’ESS, un espace d’échanges et d’entraide, voire d’appui. On ne devient pas acteur de l’ESS par accident ; défendre cette thématique répond à une conviction profonde qu’on peut changer le monde. Au quotidien, nous cherchons un appui méthodologique et des exemples de « bonnes pratiques », via les moments d’échanges organisés par le réseau et le rôle de capitalisation qu’il peut avoir.
De notre côté, nous avons envie d’apporter au RTES cette expertise méthodologique sur la création d’écosystèmes territoriaux favorables à l’émergence d’innovation sociale ; comment les construire, les développer et les pérenniser... Nous sommes par exemple engagés dans le projet européen Urbact [5], sur cette thématique. Car c’est aussi l’un des rôles importants du RTES : faciliter la coopération et les échanges avec d’autres territoires européens.


Retrouvez aussi

- le compte-rendu du forum de l’ESS qui a eu lieu à Sceaux en 2014
- la fiche de présentation de la collectivité


Notes

[1] Philippe Laurent est également Vice-président de Paris-Métropole et Secrétaire général de l’Association des Maires de France (AMF)

[2] La démarche « Parlons ensemble de Sceaux » a rassemblé, du 8 octobre au 15 novembre 2012, 1400 Scéens autour de débats, rencontres publiques et ateliers. Un temps d’écoute et de dialogues qui a débouché sur la formulation de 169 propositions.

[3] Groupe SOS, Groupe La Poste, Le Comptoir de l’innovation, KisskissBankbank, Atelier Ile de France, Hauts-de-Seine initiative, membre de France Active, MoovJee, Enactus France, Institut universitaire technologique de Sceaux, RTES, etc...

[4] Sceaux Smart vient également de lancer une campagne de financement participatif pour réaliser des travaux d’aménagement des lieux

[5] Urbact est un programme européen d’échanges qui soutient la coopération entre villes européennes pour favoriser leur développement économique, social et environnemental. Le RTES accompagne ses collectivités adhérentes intéressées par ce programme.

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