Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Solidaire

Une collectivité peut-elle recourir à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) ?

La question s’est posée pour différentes collectivités territoriales (CT) membres du RTES, quant aux possibilités de recourir à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA). L’essor des collectivités souhaitant notamment exploiter elles-mêmes leurs parcelles agricoles en régie publique pour fournir leur cantine soulève l’opportunité pour elles de mobiliser une CUMA de leur territoire.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

La collectivité adhérente

L’adhésion d’une collectivité à une CUMA de son territoire est admise sur le fondement des 1° ou 2° de l’article L522-1 du code rural et de la pêche maritime (CRPM), comme personne morale agricultrice (simplement en exerçant une activité agricole au sens large, pour les personnes de droit public selon le 4° de l’article D614-1) ou possédant des intérêts agricoles correspondant à l'objet social de la CUMA et souscrivant un engagement coopératif d'activité ainsi que les parts sociales correspondantes. Une réponse ministérielle (publiée au JO AN en réponse à QE n°208) a précisé que cet engagement d’activité fondant cette adhésion, ne pouvait porter que sur le domaine privé agricole ou forestier d’une collectivité ou EPCI.

Pour la collectivité comme pour les autres agriculteurs, un intérêt de recourir à une CUMA en tant que coopérateur est de pouvoir bénéficier ainsi d’un prix de service non seulement plus bas car mutualisé mais aussi exonéré de TVA, soit une économie de 20%, par rapport à un client tiers.

La collectivité tierce bénéficiaire 

La collectivité peut également avoir recours au service d’une CUMA de son territoire ou d’un autre territoire comme bénéficiaire non associée - le cas échéant en s'acquittant de la TVA.  Une CUMA, comme toute coopérative, doit en principe agir pour ses associés coopérateurs. Mais le Code Rural et de la Pêche Maritime prévoient deux types de dérogation possibles, l’une générale et l’autre pour les  petites collectivités rurales (résumées au §110 du BOFIP n°BOI-IS-CHAMP-30-10-10-30) : 

  • dérogation de droit commun à l’exclusivisme coopératif

Lorsque les statuts le prévoient, la CUMA peut effectuer des opérations correspondant à son objet (c’est-à-dire les mêmes opérations que celles réalisées avec les adhérents) avec des tiers non associés dans la limite de 20% de son chiffre d'affaires annuel. Cette dérogation à l’exclusivisme permet de travailler pour toutes les collectivités locales et pour l’ensemble du territoire (domaine public et privé), y compris en soumissionnant à des marchés publics. Elle permet également de ne plus avoir de contrainte de territorialité ; la collectivité locale pouvant se situer hors circonscription territoriale de la CUMA. 

La CUMA est dispensée d’y avoir été préalablement autorisé par ses statuts (l’option légale) depuis la loi du 09 janvier 1985 sur la protection de la Montagne, au bénéfice des seules collectivités territoriales (mais aussi des associations foncières et des associations syndicales autorisées de propriétaires), en cas d’appel d’offres infructueux ou dans le cadre de marché public de faible importance.

  • dérogation particulière au bénéfice des petites collectivités rurales et leurs EPCI

Codifié à l’article L522-6 du CRPM, l’article 20 de la loi d’orientation sur la forêt du 9 juillet 2001 a autorisé la CUMA à réaliser des travaux agricoles ou d’aménagement rural, conformes à son objet social, pour le compte de petites communes, dans les limites de 25 % de son chiffre d’affaires annuel et de 10 000 euros et 15 000 euros en zone de revitalisation rurale. Depuis la Loi ESS de 2014, peuvent en bénéficier les communes de moins de 3500 habitants et les groupements composés au ¾ de communes de moins de 3500 habitants à conditions que le siège d’au moins une des exploitations membres de la CUMA se situe dans le ressort territorial de l’une de ces collectivités. Le seuil de 25 % du chiffre d’affaires annuel (dans la limite de 10 000 euros) est exclusif du seuil de 20 % du chiffre d’affaires relatif aux opérations réalisées avec les tiers non coopérateurs. Ainsi une CUMA peut réaliser jusqu’à 45 % de son chiffre d’affaires annuel avec des tiers non coopérateurs dans les conditions ci-avant. 

La collectivité partenaire

Les collectivités peuvent également soutenir plus largement le développement de CUMA sur leur territoire (par exemple en prenant en charge une partie de l’adhésion à une CUMA pour des jeunes agriculteurs, comme c’est le cas pour le Département de la Nièvre). Elles veillent en général à ne pas subventionner même indirectement la production, mais à soutenir des projets en faveur plus largement du territoire. Il peut s'agir d'appui au développement de groupement d'employeurs, d'inscription des CUMA dans les PAT,  ..

Retrouvez toutes les questions juridiques traitées par le RTES dans sa Foire aux Questions : www.rtes.fr/foire-aux-questions-faq-juridique

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

La question s’est posée pour différentes collectivités territoriales (CT) membres du RTES, quant aux possibilités de recourir à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA). L’essor des collectivités souhaitant notamment exploiter elles-mêmes leurs parcelles agricoles en régie publique pour fournir leur cantine soulève l’opportunité pour elles de mobiliser une CUMA de leur territoire.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

La collectivité adhérente

L’adhésion d’une collectivité à une CUMA de son territoire est admise sur le fondement des 1° ou 2° de l’article L522-1 du code rural et de la pêche maritime (CRPM), comme personne morale agricultrice (simplement en exerçant une activité agricole au sens large, pour les personnes de droit public selon le 4° de l’article D614-1) ou possédant des intérêts agricoles correspondant à l'objet social de la CUMA et souscrivant un engagement coopératif d'activité ainsi que les parts sociales correspondantes. Une réponse ministérielle (publiée au JO AN en réponse à QE n°208) a précisé que cet engagement d’activité fondant cette adhésion, ne pouvait porter que sur le domaine privé agricole ou forestier d’une collectivité ou EPCI.

Pour la collectivité comme pour les autres agriculteurs, un intérêt de recourir à une CUMA en tant que coopérateur est de pouvoir bénéficier ainsi d’un prix de service non seulement plus bas car mutualisé mais aussi exonéré de TVA, soit une économie de 20%, par rapport à un client tiers.

La collectivité tierce bénéficiaire 

La collectivité peut également avoir recours au service d’une CUMA de son territoire ou d’un autre territoire comme bénéficiaire non associée - le cas échéant en s'acquittant de la TVA.  Une CUMA, comme toute coopérative, doit en principe agir pour ses associés coopérateurs. Mais le Code Rural et de la Pêche Maritime prévoient deux types de dérogation possibles, l’une générale et l’autre pour les  petites collectivités rurales (résumées au §110 du BOFIP n°BOI-IS-CHAMP-30-10-10-30) : 

  • dérogation de droit commun à l’exclusivisme coopératif

Lorsque les statuts le prévoient, la CUMA peut effectuer des opérations correspondant à son objet (c’est-à-dire les mêmes opérations que celles réalisées avec les adhérents) avec des tiers non associés dans la limite de 20% de son chiffre d'affaires annuel. Cette dérogation à l’exclusivisme permet de travailler pour toutes les collectivités locales et pour l’ensemble du territoire (domaine public et privé), y compris en soumissionnant à des marchés publics. Elle permet également de ne plus avoir de contrainte de territorialité ; la collectivité locale pouvant se situer hors circonscription territoriale de la CUMA. 

La CUMA est dispensée d’y avoir été préalablement autorisé par ses statuts (l’option légale) depuis la loi du 09 janvier 1985 sur la protection de la Montagne, au bénéfice des seules collectivités territoriales (mais aussi des associations foncières et des associations syndicales autorisées de propriétaires), en cas d’appel d’offres infructueux ou dans le cadre de marché public de faible importance.

  • dérogation particulière au bénéfice des petites collectivités rurales et leurs EPCI

Codifié à l’article L522-6 du CRPM, l’article 20 de la loi d’orientation sur la forêt du 9 juillet 2001 a autorisé la CUMA à réaliser des travaux agricoles ou d’aménagement rural, conformes à son objet social, pour le compte de petites communes, dans les limites de 25 % de son chiffre d’affaires annuel et de 10 000 euros et 15 000 euros en zone de revitalisation rurale. Depuis la Loi ESS de 2014, peuvent en bénéficier les communes de moins de 3500 habitants et les groupements composés au ¾ de communes de moins de 3500 habitants à conditions que le siège d’au moins une des exploitations membres de la CUMA se situe dans le ressort territorial de l’une de ces collectivités. Le seuil de 25 % du chiffre d’affaires annuel (dans la limite de 10 000 euros) est exclusif du seuil de 20 % du chiffre d’affaires relatif aux opérations réalisées avec les tiers non coopérateurs. Ainsi une CUMA peut réaliser jusqu’à 45 % de son chiffre d’affaires annuel avec des tiers non coopérateurs dans les conditions ci-avant. 

La collectivité partenaire

Les collectivités peuvent également soutenir plus largement le développement de CUMA sur leur territoire (par exemple en prenant en charge une partie de l’adhésion à une CUMA pour des jeunes agriculteurs, comme c’est le cas pour le Département de la Nièvre). Elles veillent en général à ne pas subventionner même indirectement la production, mais à soutenir des projets en faveur plus largement du territoire. Il peut s'agir d'appui au développement de groupement d'employeurs, d'inscription des CUMA dans les PAT,  ..

Retrouvez toutes les questions juridiques traitées par le RTES dans sa Foire aux Questions : www.rtes.fr/foire-aux-questions-faq-juridique

Club : Collectivités & ESS, ensemble pour Soutenir le renouvellement générationnel et l’installation en agriculture durable

Près d'une quarantaine de participant.e.s étaient réunis le 21 janvier 2025 à Redon pour participer à la rencontre du Club des collectivités engagées pour l'ESS co-organisée par les Chambres Régionales de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS) de Bretagne et des Pays de la Loire et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES), en partenariat avec Redon agglomération et le réseau BRUDED sur la thématique :

 Soutenir le renouvellement générationnel et l’installation en agriculture durable avec l’ESS : rôle des collectivités territoriales

Quelles ressources à portée des collectivités pour favoriser la production locale et qualitative ? Quels leviers pour favoriser l'installation et la production agricole durable ? Quelles solutions apportées par l'ESS ? Sur quels acteurs s'appuyer ? Quels partenariats et quelles coopérations développer pour favoriser l'installation-transmission de nouveaux agriculteur.rice.s ?

Club : Collectivités & ESS, ensemble pour Soutenir le renouvellement générationnel et l’installation en agriculture durableClub RTES RedonClub RTES RedonClub RTES Redon

 

Avec :

  • Rémi Beslé, vice-président à la transition écologique et alimentaire, Redon Agglomération
  • Michel Dupré, conseiller municipal à la Chapelle-Heulin
  • Jean Gasnier, administrateur de la SCIC Passeurs de Terre
  • Cécile Jamoneau, chargée de projet, BRUDED
  • Jean-Luc Levesque, vice-président à l'emploi, l'insertion et l'ESS, Redon Agglomération
  • Gaëlle Le Stradic, conseillère régionale déléguée à l’ESS, Région Bretagne
  • Marie-Martine Lips, vice-présidente de la CRESS Bretagne
  • Emmanuelle Rousset, vice-présidente déléguée à l’ESS, à la transition écologique, à la coordination des politiques transversales, Département d'Ille-et-Vilaine

Post LinkedIn de Gaëlle Le Stradic :

RTES Club Redon

RTES Club Redon

Post LinkedIn d'Emmanuelle Rousset :

RTES Club Redon

RTES Club Redon

Le compte-rendu du Club est à retrouver en cliquant ici.

Le diaporama de présentation est à retrouver en cliquant ici.

Cette rencontre du Club était organisée dans le cadre de TRESSONS2024 porté par l'Avise et le RTES

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Près d'une quarantaine de participant.e.s étaient réunis le 21 janvier 2025 à Redon pour participer à la rencontre du Club des collectivités engagées pour l'ESS co-organisée par les Chambres Régionales de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS) de Bretagne et des Pays de la Loire et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES), en partenariat avec Redon agglomération et le réseau BRUDED sur la thématique :

 Soutenir le renouvellement générationnel et l’installation en agriculture durable avec l’ESS : rôle des collectivités territoriales

Quelles ressources à portée des collectivités pour favoriser la production locale et qualitative ? Quels leviers pour favoriser l'installation et la production agricole durable ? Quelles solutions apportées par l'ESS ? Sur quels acteurs s'appuyer ? Quels partenariats et quelles coopérations développer pour favoriser l'installation-transmission de nouveaux agriculteur.rice.s ?

Club : Collectivités & ESS, ensemble pour Soutenir le renouvellement générationnel et l’installation en agriculture durableClub RTES RedonClub RTES RedonClub RTES Redon

 

Avec :

  • Rémi Beslé, vice-président à la transition écologique et alimentaire, Redon Agglomération
  • Michel Dupré, conseiller municipal à la Chapelle-Heulin
  • Jean Gasnier, administrateur de la SCIC Passeurs de Terre
  • Cécile Jamoneau, chargée de projet, BRUDED
  • Jean-Luc Levesque, vice-président à l'emploi, l'insertion et l'ESS, Redon Agglomération
  • Gaëlle Le Stradic, conseillère régionale déléguée à l’ESS, Région Bretagne
  • Marie-Martine Lips, vice-présidente de la CRESS Bretagne
  • Emmanuelle Rousset, vice-présidente déléguée à l’ESS, à la transition écologique, à la coordination des politiques transversales, Département d'Ille-et-Vilaine

Post LinkedIn de Gaëlle Le Stradic :

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Post LinkedIn d'Emmanuelle Rousset :

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RTES Club Redon

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Cette rencontre du Club était organisée dans le cadre de TRESSONS2024 porté par l'Avise et le RTES

Club des collectivités pour l'ESS en Pays de la Loire - ESS & lutte contre les précarités

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Oui
Résumé

La Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS) des Pays de la Loire et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) ont organisé une rencontre du Club des collectivités engagées pour l'ESS en région Pays de la Loire :

Vendredi 13 décembre 2024 à Ancenis de 9h à 13h autour de la thématique : ESS & Lutte contre les précarités : quels enjeux et leviers d'action pour les collectivités ?

Déroulé :

  • 9h : Accueil café
  • 9h30 : Table ronde "ESS et lutte contre les précarités, enjeux et leviers d'action des collectivités territoriales" avec Laurent DUBOST, conseiller départemental en charge de l'ESS, conseil départemental de Loire-Atlantique, François GAUTIER, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique, Rémy ORHON, vice-président Développement économique de proximité, économie sociale et solidaire, tourisme conseil départemental de Loire-Atlantique et Maire d'Ancenis-Saint-Géréon, Ludovic MANCEAU, directeur d'Erdre et Loire initiatives, Laurence PARC, chargée de mission ESS, Nantes Métropole.
  • 11h : Ateliers autour de 3 types de précarités : alimentation, logement, mobilité
    • Mobilité : témoignage d'Erdre et Loire initiatives et de Jean-Yves Ploteau, vice-président à la ruralité et aux mobilités, Communauté de communes du Pays d’Ancenis
    • Alimentation : Témoignage de Tipi- cantine solidaire et du Conseil départemental Loire-Atlantique
    • Logement : Témoignage d’ Une famille un toit 44 et de la Ville d’Ancenis
  • 12h : Visite d'Erdre & Loire Initiatives, structure d'insertion par l'activité économique (agréée AI et ACI) investie notamment dans le domaine de la mobilité et de l'habitat
  • possibilité de déjeuner sur place

Retrouvez les prochains Clubs régionaux du RTES et les compte-rendus des précédents dans notre article dédié en cliquant ici

Club des collectivités pour l’ESS en Auvergne-Rhône-Alpes : Alimentation & agriculture durable et inclusive avec l'ESS 

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Oui
Résumé

Une trentaine de participant.e.s ont assisté à la rencontre du Club des collectivités pour l’ESS en Auvergne-Rhône-Alpes organisée le 19 décembre 2024 en webinaire par le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) et la Chambre Régionale de l'ESS (CRESS) en Auvergne-Rhône-Alpes, avec le soutien de Clermont Métropole, la Banque des Territoires et le CNFPT autour de la thématique : « Alimentation & agriculture durable et inclusive avec l'ESS  ».

Retrouvez le compte-rendu de la rencontre ici !

Comment les collectivités peuvent-elles accompagner les acteurs de l'ESS présents sur leur territoire dans leurs projets alimentaires ? Quelles ressources à portée des collectivités pour favoriser la production locale et qualitative ? Quels leviers pour favoriser l'accès de tou.te.s à une alimentation  de qualité soutenable ?

Déroulé

  • Les leviers d'action des collectivités pour favoriser l'installation et la production agricole durable avec l'ESS. Avec :
    • Jean-Marie Vallée, vice-Président en charge de l'Agriculture, l'Alimentation, la Biodiversité et les Espaces naturels, Clermont Auvergne Métropole
    • Jérémy Alvès, directeur de la SCIC la Ceinture verte Pays d'Auvergne
    • Jean-Luc Chautagnat, co-directeur de la SCIC les Fermes partagées
    • Pauline Prevost, chargée d'accompagnement des territoires, Terre de Liens Rhône-Alpes 
 
  • Les leviers d'action des collectivités territoriales pour favoriser l'accès à une alimentation durable pour tous avec l'ESS. Avec : 
    • Marie Bonin, directrice, Les Jardins solidaires, Entreprise à But d'Emploi de Gerzat
    • Valentin Lhuillier, SOLAAL et Julien Vert, Potagers et Compagnie
 
Cette rencontre du Club est organisée dans le cadre de TRESSONS2024 porté par l'Avise et le RTES.

Ce webinaire s'inscrit dans le cadre du Club des collectivités locales pour l'ESS en Auvergne-Rhône-Alpes lancé en 2022. Cette rencontre du Club est co-organisée par la Chambre Régionale de l'ESS AURA et le RTES avec le soutien de la Banque des Territoires et du CNFPT.

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Club des collectivités en Grand Est : L'ESS dans les quartiers politique de la ville, quels leviers pour les collectivités ?

Le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) et la Chambre Régionale de l'ESS en Grand Est, en partenariat avec l'Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville (ORIV) ont organisé la rencontre du Club des collectivités pour l'ESS en région Grand Est :

Jeudi 6 mars 2025, de 14h à 16h en visioconférence, autour de la thématique :

L'ESS dans les quartiers politique de la ville : quels leviers pour les collectivités ?

Visionnez le replay de la rencontre ici !

L’économie sociale et solidaire (ESS) apporte des réponses aux besoins locaux ainsi qu’aux enjeux des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et de leurs habitant.e.s. Contribuant également à l’attractivité des territoires, elle déploie ses activités dans de nombreux domaines : action sociale, mobilité, santé, éducation populaire, insertion par l’activité économique, environnement, culture, alimentation, petite enfance, en apportant une réponse à des besoins non couverts par l’économie classique.

Comment les collectivités peuvent-elles agir pour favoriser le développement de l'ESS dans les QPV ? Comment ces actions peuvent-elles s'inscrire dans la nouvelle génération des contrats de ville Quartiers 2030 ?

Panorama et actualités de la politique de la ville en Grand Est, coopérations possibles avec les bailleurs sociaux, impact territorial des acteurs de l'ESS... autant de thèmes abordés au travers de témoignages croisés de collectivités et d'acteurs de l'ESS. Avec : 

  • Virginie Bettelli et Eugénie Barroyer de la CRESS Grand Est
  • Jérôme Burtin, Réciprocité
  • Nadège Degrémont, cheffe du projet politique de la ville de Mulhouse et Stève Duchêne, prestataire ANRU+
  • Murielle Maffessoli, directrice de l'ORIV, centre ressources politique de la ville en Grand Est
  • Wydad Tedjini-Bailiche, chargée de projets politiques patrimoniales et accession, Association territoriale HLM de Lorraine, Arelor

Les échanges étaient animés par Anne-Laure Federici, déléguée générale du RTES.

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Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) et la Chambre Régionale de l'ESS en Grand Est, en partenariat avec l'Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville (ORIV) ont organisé la rencontre du Club des collectivités pour l'ESS en région Grand Est :

Jeudi 6 mars 2025, de 14h à 16h en visioconférence, autour de la thématique :

L'ESS dans les quartiers politique de la ville : quels leviers pour les collectivités ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) apporte des réponses aux besoins locaux ainsi qu’aux enjeux des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et de leurs habitant.e.s. Contribuant également à l’attractivité des territoires, elle déploie ses activités dans de nombreux domaines : action sociale, mobilité, santé, éducation populaire, insertion par l’activité économique, environnement, culture, alimentation, petite enfance, en apportant une réponse à des besoins non couverts par l’économie classique.

Comment les collectivités peuvent-elles agir pour favoriser le développement de l'ESS dans les QPV ? Comment ces actions peuvent-elles s'inscrire dans la nouvelle génération des contrats de ville Quartiers 2030 ?

Panorama et actualités de la politique de la ville en Grand Est, coopérations possibles avec les bailleurs sociaux, impact territorial des acteurs de l'ESS... autant de thèmes abordés au travers de témoignages croisés de collectivités et d'acteurs de l'ESS. Avec :

  • Virginie Bettelli et Eugénie Barroyer de la CRESS Grand Est
  • Jérôme Burtin, Réciprocité
  • Nadège Degrémont, cheffe du projet politique de la ville de Mulhouse et Stève Duchêne, prestataire ANRU+
  • Murielle Maffessoli, directrice de l'ORIV, centre ressources politique de la ville en Grand Est
  • Wydad Tedjini-Bailiche, chargée de projets politiques patrimoniales et accession, Association territoriale HLM de Lorraine, Arelor

Les échanges étaient animés par Anne-Laure Federici, déléguée générale du RTES.

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Club des collectivités pour l’ESS en Grand Est - Finance solidaire et collectivités locales

Le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) et la Chambre Régionale de l'économie sociale et solidaire (CRESS) en Grand Est ont organisé la Rencontre du Club des collectivités pour l’ESS en Grand Est :

Mardi 15 octobre 2024, de 10h à 12h en visioconférence

autour de la thématique : "Finance solidaire et collectivités locales"

Retrouvez le compte-rendu de la recontre ici !

Visionnez le replay de la rencontre ici !

 

Avec les interventions de : 

  • Anthony Caps, vice-président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle;
  • Arnaud Magloire, maire de Sainte-Savine et membre du bureau du RTES
  • Tom Baumert, pour le Stück, monnaie locale du Bas-Rhin;
  • Jean Foucard, président Terre de Liens Champagne-Ardenne;
  • Sandra Guilmin, chargée de mission ESS, Eurométropole de Strasbourg
  • Nicolas Matusiak, chef de projet Okoté, plateforme de financement participatif pour projets engagés en Alsace et Lorraine, France Active Lorraine.
     

Elu.e.s et agent.e.s de collectivités en charge du développement économique ou de l'économie sociale et solidaire, merci d'être venu.e.s échanger et partager vos expériences, vos questions et découvrir des initiatives inspirantes !

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre du Club des collectivités locales pour l'ESS en Grand Est organisé par la CRESS Grand Est et le RTES. Ces temps d'échanges réguliers sont ouverts aux élu.e.s et agents des services de collectivités.

Retrouvez les prochains Clubs régionaux du RTES et les compte-rendus des précédents dans notre article dédié en cliquant ici

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) et la Chambre Régionale de l'économie sociale et solidaire (CRESS) en Grand Est ont organisé la Rencontre du Club des collectivités pour l’ESS en Grand Est :

Mardi 15 octobre 2024, de 10h à 12h en visioconférence

autour de la thématique : "Finance solidaire et collectivités locales"

Retrouvez le compte-rendu de la recontre ici !

Avec les interventions de : 

  • Anthony Caps, vice-président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle;
  • Arnaud Magloire, maire de Sainte-Savine et membre du bureau du RTES
  • Tom Baumert, pour le Stück, monnaie locale du Bas-Rhin;
  • Jean Foucard, président Terre de Liens Champagne-Ardenne;
  • Sandra Guilmin, chargée de mission ESS, Eurométropole de Strasbourg
  • Nicolas Matusiak, chef de projet Okoté, plateforme de financement participatif pour projets engagés en Alsace et Lorraine, France Active Lorraine.
     

Elu.e.s et agent.e.s de collectivités en charge du développement économique ou de l'économie sociale et solidaire, merci d'être venu.e.s échanger et partager vos expériences, vos questions et découvrir des initiatives inspirantes !

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre du Club des collectivités locales pour l'ESS en Grand Est organisé par la CRESS Grand Est et le RTES. Ces temps d'échanges réguliers sont ouverts aux élu.e.s et agents des services de collectivités.

Retrouvez les prochains Clubs régionaux du RTES et les compte-rendus des précédents dans notre article dédié en cliquant ici

Une collectivité peut-elle soutenir, participer et recourir à un groupement d’employeurs ?

La question s’est posée pour différentes collectivités territoriales (CT) membres du RTES, quant au moyen de soutenir, participer et recourir à un groupement d’employeurs (GE), plus particulièrement en milieu rural et/ou pour des travaux agricoles.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

Comme le rappelait déjà l’Avise et le RTES dans le cadre de la première campagne TRESSONS (p.14-17, Développement territorial et ESS - 5 formes de coopérations adaptées aux besoins des territoires ruraux, sept. 2020), “Sous forme associative (ou plus rarement coopérative), le groupement d’employeurs (GE) permet à des entreprises, des associations ou des collectivités territoriales de se regrouper pour employer ensemble des salariés. Le GE exerce les missions de direction des ressources humaines et recrute, gère et accompagne le personnel.” L’article L1253-1 du code du travail qui précède celui réservant les GE aux associations et coopératives (dont ce peut être une activité initiale ou nouvelle), précise que les GE ne peuvent se livrer qu'à des opérations à but non lucratif” au sens où le GE ne facture à ses membres que les frais engagés pour le personnel mis à leur disposition majorés seulement de leur quote-part proportionnelle aux frais de structure.

Les GE méritent toutefois d’être encore mis en lumière, tant compte tenu d’évolutions récentes en matière fiscale en 2021 et tout récemment encore en 2025, que suite à un rapport gouvernemental qui recommandait leur développement en 2023. Les collectivités sont également à l’initiative de politiques publiques que peuvent appuyer les GE, qu’il s’agissent des coopérations nouvelles nées des projets alimentaires territoriaux (PAT) ou de l’essor de collectivités agricultrices pour l’approvisionnement de leur restauration collective.

Les GE agricoles sont une source d’emplois au service des territoires en permettant la création et la pérennisation d’emplois que les agriculteurs, pris individuellement, n’auraient pas pu garantir. Pour les employeurs, les GE agricoles constituent un accès, selon leurs besoins, à une main d’œuvre qualifiée tout en leur simplifiant les tâches administratives et en les accompagnant dans leur relation de travail avec l’employé. Pour les salariés, les GE agricoles donnent une sécurité de l’emploi assurée par le collectif d’entreprises adhérentes. Ils permettent la signature d’un contrat de travail unique, source de simplification administrative, tout en offrant une diversité de postes ou d’entreprises. En outre, ils garantissent des avantages sociaux et facilitent l’accès à la formation et à l’intégration. 

L’emploi salarié agricole s’est considérablement développé dans les GE de la production agricole lors de la dernière décennie, passant de plus de 16 000 équivalents temps plein (ETP) en 2010 à 30 000 ETP en 2021. Ce doublement des emplois salariés dans les GE agricoles est dû à un accroissement non pas tant du nombre de groupements que du nombre d’emplois par GE qui est passé de 4,9 ETP en 2010 à 8,7 ETP en 2022. Il reste donc des marges de manœuvres en développant alors le nombre de GE, d’autant que selon un rapport gouvernemental (IG CGAAER, “Développement des Groupements d’Employeurs agricoles”, sept. 2023), “Tout d’abord, les GE sont des entités mal connues des entreprises comme des salariés, qui ne savent pas que de telles organisations existent et qui donc n’en connaissent pas l’intérêt, notamment l’emploi partagé dans une structure à but non lucratif." qui amène d’ailleurs les rapporteurs à recommander “aux pouvoirs publics et aux organisations professionnelles agricoles : communiquer davantage sur les métiers de l’agriculture et les compétences recherchées ainsi que sur les opportunités en termes d’emplois dans ce secteur, dont plus particulièrement l’emploi à temps partagé au sein des groupements d’employeurs agricoles”.

Nés dans les années 1970 et reconnus par la Loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, les GE se sont d'abord développés dans le domaine agricole avant de se diversifier (culture, sport, etc.), si bien que les GE hors secteur agricole sont à peine plus de 700 sur les près de 6500 GE estimés, donc près de 9 GE sur 10 sont agricoles. La Mutualité sociale agricole (MSA) dénombre en 2022 (et en métropole seulement), 4 003 GE agricoles hors coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA), incluant également des domaines qui ne relèvent pas de la production agricole comme par exemple les 38 GE d’entreprises de jardins, paysagistes. Parmi les 11 000 CUMA existantes en France, en 2023 la FNCUMA comptabilise 1 610 CUMA employeuses de main d’œuvre, 112 en GE dits associatifs et plus de 500 CUMA GE.

Ils sont très divers selon leur vocation et les territoires, avec des GE locaux constitués pour une grande part d’entre eux de 2 à 3 adhérents en moyenne et des groupements d’employeurs départementaux (GED) qui cherchent à apporter un service complet (prospection, recrutement, gestion RH…). A cela, s’ajoutent les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) qui visent l’insertion sociale et professionnelle des personnes éloignées du marché du travail, les services de remplacement (SR) qui ont vocation à remplacer les chefs d’exploitation aux motifs de maladie, congé, accident, décès…, et certaines CUMA.

[Nouveauté 2021 : la doctrine fiscale s’est assouplie et ne remet plus en cause l’exonération de TVA des services rendus aux membres (pour leurs seules activités non soumises à TVA) dès lors que certains membres sont fiscalisés, voir même que le groupement l’est initialement, ce qui paraît favorable au développement non seulement de GE mixtes (dont les employeurs peuvent être fiscalisés ou non) mais aussi particulièrement de GE en SCIC pour leurs adhérents non fiscalisés (associations ou collectivités)]

Nouveautés 2025 : le PLFSS 2025 adopté le 5 février 2025 étend aux CUMA GE, le bénéfice du dispositif d’exonérations patronales « travailleurs occasionnels agricoles et demandeurs d’emploi » (TO-DE) ! ]

Des appuis possibles par les collectivités territoriales 

Des conseils régionaux ont identifié le potentiel de développement de l’emploi que portent les GE. C’est particulièrement le cas des régions dotées d’un CRGE qui peut représenter une ressource via des dispositifs de soutien aux GE ou aux GEIQ pour la création, le démarrage et le développement du groupement (ouverture à un nouveau secteur d’activité, création d’une antenne). Dans certains cas, une subvention est versée lors de la création de CDI. Les Conseils départementaux sont parfois partenaires de certains GE au titre de l’action sociale, en particulier de la gestion du public allocataire du RSA. Des actions visant l’insertion dans l’emploi de ces publics sont en effet menées par les GEIQ et des GE. Les communautés de communes sont plus rarement partenaires de GE agricoles. Il s’agit là pour elles, en étant au plus près des bassins d’emploi, de faciliter l’accès au logement, à la mobilité, à l’emploi du conjoint, à l’intégration sociale… Des « maisons des saisonniers » peuvent par exemple favoriser l’emploi des salariés saisonniers dans des secteurs connaissant des tensions immobilières.  

De la participation et du recours de collectivités aux GE

Outre le soutien aux GE de leur territoire pour appuyer le développement de l’emploi partagé, les collectivités ont l’opportunité de mobiliser elles-mêmes les GE pour leurs propres besoins. La loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux a ouvert la possibilité à l’ensemble des collectivités, leurs groupements et établissements publics d’adhérer à un GE et d’en utiliser le personnel - tandis que les entreprises publiques locales (EPL ou économie mixte, mais de droit privé) en bénéficiaient déjà, toutefois seulement dans le secteur rural et agricole (pour les travaux saisonniers) - on voit d’autant plus l’intérêt pour les communes exploitantes agricoles avec l'essor de la fourniture directe à leur restauration collective ; la loi du 5 janvier 2006 d’orientation agricole a élargi cela aux secteurs de l’environnement et à l’entretien d’espaces verts ou des espaces publics ; les lois Cherpion - Taugourdeau du 28 juillet 2011 et “Montagne” du 28 décembre 2016 finirent d’élargir la possibilité de mise disposition dans tous les secteurs d’activité. Ces dernières lois imposeront toutefois que la participation des collectivités, leurs groupements et établissements publics reste limitée à la moitié des membres et que les mises à disposition qui leur sont faites ne représentent pas l’activité principale du GE - il s’agit donc de mutualiser avec d’autres utilisateurs privés dont les EPL ou l’ESS ; enfin le temps de mise à disposition de chaque salarié aux collectivités est encore limité à ¾ d’un temps plein annuel. D’autant qu’avec l’évolution de la doctrine fiscale en 2021, une collectivité recourant à la mise à disposition de personnel pour une activité a priori non soumise à TVA devrait bien pouvoir bénéficier de l’exonération de TVA sur ce service même si le GE est fiscalisé car comptant d’autres membres soumis quant à eux à la TVA (mais qui pourront quant à eux la récupérer par ailleurs à l’inverse des collectivités) - ce qui lève également un frein au développement de GE en SCIC avec la possibilité de facturer alors 20% moins cher aux collectivités adhérentes.

Le cadre légal, d’une part relatif à la non lucrativité des services du GE aux membres et d’autre part réglant spécialement la participation et recours des collectivités aux GE et enfin notamment postérieur à la Directive européenne relative aux marchés publics et sa transposition, explique que ni l’adhésion ni l’utilisation d’un GE par une collectivité ne paraissent nécessairement soumis aux règles de la commande publique - outre les cas de GE “in house” entre collectivités et leurs EPL. Une réponse ministérielle (réponse publiée au JO AN du 22/02/2005 à QEn°49308) considère en effet que n’entrent pas dans le champs des “contrats conclus à titre onéreux” de l’article L2 du code de la commande publique, les services assurés de manière non lucrative -ce qui caractérise les GE et notamment “les conventions qui incluent des clauses prévoyant le remboursement des seuls frais engagés.” - ce dont pourront s’assurer les collectivités en mobilisant la possibilité offerte à cette fin par l’article L1253-8 du code du travail selon lequel les statuts “peuvent également prévoir des modalités de responsabilité spécifiques pour les collectivités territoriales membres du groupement.”

Focus : GEIQ

Les groupements qui organisent des parcours d'insertion et de qualification pour les salariés rencontrant des difficultés d'insertion qu'ils mettent à la disposition de leurs membres peuvent être reconnus comme des groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification” (GEIQ) selon l’article L1253-1 du code du travail. Les articles D1253-45 et suivants du même code confient leur agrément à la Fédération française des GEIQ (FFGEIQ) dont ils sont tous adhérents. La FFGEIQ recense en 2024, 205 GEIQ associatifs réunissant 8612 membres employeurs partagés dont 2% de collectivités (170) employant 16 642 personnes accompagnées (86% de public prioritaire) le sont essentiellement en contrat de professionnalisation (79% - même si l’éligibilité” de ces derniers aux collectivités pose encore problème) voire d’apprentissage (18%). Une quinzaine de GEIQ agissent dans les domaines agricoles et des espaces verts, voire une vingtaine en ajoutant le domaine agroalimentaire. Les GEIQ apparaissent surtout utiles à la préparation d’un recrutement par l’un des membres co-employeur. Enfin, la mission gouvernementale de 2023 sur le développement des GE agricoles, formulait la recommandation suivante : “Aux groupements d’employeurs agricoles et à leurs représentants : encourager les groupements d’employeurs agricoles, notamment les groupements d’employeurs départementaux, à s’articuler avec un groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ), à créer ou à étendre, afin de faciliter leur recrutement de salariés “.

Les GEIQ obéissent au cadre légal commun aux GE, notamment pour leurs relations aux collectivités. Cependant, les GEIQ sont des partenaires particuliers des politiques d’insertion et notamment d’achat public pour faciliter la mise en œuvre de clauses d’insertion de divers marchés par les soumissionnaires ou délégataires privés adhérents, voire pour répondre à des marchés d’insertion.

 

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

La question s’est posée pour différentes collectivités territoriales (CT) membres du RTES, quant au moyen de soutenir, participer et recourir à un groupement d’employeurs (GE), plus particulièrement en milieu rural et/ou pour des travaux agricoles.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

Comme le rappelait déjà l’Avise et le RTES dans le cadre de la première campagne TRESSONS (p.14-17, Développement territorial et ESS - 5 formes de coopérations adaptées aux besoins des territoires ruraux, sept. 2020), “Sous forme associative (ou plus rarement coopérative), le groupement d’employeurs (GE) permet à des entreprises, des associations ou des collectivités territoriales de se regrouper pour employer ensemble des salariés. Le GE exerce les missions de direction des ressources humaines et recrute, gère et accompagne le personnel.” L’article L1253-1 du code du travail qui précède celui réservant les GE aux associations et coopératives (dont ce peut être une activité initiale ou nouvelle), précise que les GE ne peuvent se livrer qu'à des opérations à but non lucratif” au sens où le GE ne facture à ses membres que les frais engagés pour le personnel mis à leur disposition majorés seulement de leur quote-part proportionnelle aux frais de structure.

Les GE méritent toutefois d’être encore mis en lumière, tant compte tenu d’évolutions récentes en matière fiscale en 2021 et tout récemment encore en 2025, que suite à un rapport gouvernemental qui recommandait leur développement en 2023. Les collectivités sont également à l’initiative de politiques publiques que peuvent appuyer les GE, qu’il s’agissent des coopérations nouvelles nées des projets alimentaires territoriaux (PAT) ou de l’essor de collectivités agricultrices pour l’approvisionnement de leur restauration collective.

Les GE agricoles sont une source d’emplois au service des territoires en permettant la création et la pérennisation d’emplois que les agriculteurs, pris individuellement, n’auraient pas pu garantir. Pour les employeurs, les GE agricoles constituent un accès, selon leurs besoins, à une main d’œuvre qualifiée tout en leur simplifiant les tâches administratives et en les accompagnant dans leur relation de travail avec l’employé. Pour les salariés, les GE agricoles donnent une sécurité de l’emploi assurée par le collectif d’entreprises adhérentes. Ils permettent la signature d’un contrat de travail unique, source de simplification administrative, tout en offrant une diversité de postes ou d’entreprises. En outre, ils garantissent des avantages sociaux et facilitent l’accès à la formation et à l’intégration. 

L’emploi salarié agricole s’est considérablement développé dans les GE de la production agricole lors de la dernière décennie, passant de plus de 16 000 équivalents temps plein (ETP) en 2010 à 30 000 ETP en 2021. Ce doublement des emplois salariés dans les GE agricoles est dû à un accroissement non pas tant du nombre de groupements que du nombre d’emplois par GE qui est passé de 4,9 ETP en 2010 à 8,7 ETP en 2022. Il reste donc des marges de manœuvres en développant alors le nombre de GE, d’autant que selon un rapport gouvernemental (IG CGAAER, “Développement des Groupements d’Employeurs agricoles”, sept. 2023), “Tout d’abord, les GE sont des entités mal connues des entreprises comme des salariés, qui ne savent pas que de telles organisations existent et qui donc n’en connaissent pas l’intérêt, notamment l’emploi partagé dans une structure à but non lucratif." qui amène d’ailleurs les rapporteurs à recommander “aux pouvoirs publics et aux organisations professionnelles agricoles : communiquer davantage sur les métiers de l’agriculture et les compétences recherchées ainsi que sur les opportunités en termes d’emplois dans ce secteur, dont plus particulièrement l’emploi à temps partagé au sein des groupements d’employeurs agricoles”.

Nés dans les années 1970 et reconnus par la Loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, les GE se sont d'abord développés dans le domaine agricole avant de se diversifier (culture, sport, etc.), si bien que les GE hors secteur agricole sont à peine plus de 700 sur les près de 6500 GE estimés, donc près de 9 GE sur 10 sont agricoles. La Mutualité sociale agricole (MSA) dénombre en 2022 (et en métropole seulement), 4 003 GE agricoles hors coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA), incluant également des domaines qui ne relèvent pas de la production agricole comme par exemple les 38 GE d’entreprises de jardins, paysagistes. Parmi les 11 000 CUMA existantes en France, en 2023 la FNCUMA comptabilise 1 610 CUMA employeuses de main d’œuvre, 112 en GE dits associatifs et plus de 500 CUMA GE.

Ils sont très divers selon leur vocation et les territoires, avec des GE locaux constitués pour une grande part d’entre eux de 2 à 3 adhérents en moyenne et des groupements d’employeurs départementaux (GED) qui cherchent à apporter un service complet (prospection, recrutement, gestion RH…). A cela, s’ajoutent les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) qui visent l’insertion sociale et professionnelle des personnes éloignées du marché du travail, les services de remplacement (SR) qui ont vocation à remplacer les chefs d’exploitation aux motifs de maladie, congé, accident, décès…, et certaines CUMA.

[Nouveauté 2021 : la doctrine fiscale s’est assouplie et ne remet plus en cause l’exonération de TVA des services rendus aux membres (pour leurs seules activités non soumises à TVA) dès lors que certains membres sont fiscalisés, voir même que le groupement l’est initialement, ce qui paraît favorable au développement non seulement de GE mixtes (dont les employeurs peuvent être fiscalisés ou non) mais aussi particulièrement de GE en SCIC pour leurs adhérents non fiscalisés (associations ou collectivités)]

Nouveautés 2025 : le PLFSS 2025 adopté le 5 février 2025 étend aux CUMA GE, le bénéfice du dispositif d’exonérations patronales « travailleurs occasionnels agricoles et demandeurs d’emploi » (TO-DE) ! ]

Des appuis possibles par les collectivités territoriales 

Des conseils régionaux ont identifié le potentiel de développement de l’emploi que portent les GE. C’est particulièrement le cas des régions dotées d’un CRGE qui peut représenter une ressource via des dispositifs de soutien aux GE ou aux GEIQ pour la création, le démarrage et le développement du groupement (ouverture à un nouveau secteur d’activité, création d’une antenne). Dans certains cas, une subvention est versée lors de la création de CDI. Les Conseils départementaux sont parfois partenaires de certains GE au titre de l’action sociale, en particulier de la gestion du public allocataire du RSA. Des actions visant l’insertion dans l’emploi de ces publics sont en effet menées par les GEIQ et des GE. Les communautés de communes sont plus rarement partenaires de GE agricoles. Il s’agit là pour elles, en étant au plus près des bassins d’emploi, de faciliter l’accès au logement, à la mobilité, à l’emploi du conjoint, à l’intégration sociale… Des « maisons des saisonniers » peuvent par exemple favoriser l’emploi des salariés saisonniers dans des secteurs connaissant des tensions immobilières.  

De la participation et du recours de collectivités aux GE

Outre le soutien aux GE de leur territoire pour appuyer le développement de l’emploi partagé, les collectivités ont l’opportunité de mobiliser elles-mêmes les GE pour leurs propres besoins. La loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux a ouvert la possibilité à l’ensemble des collectivités, leurs groupements et établissements publics d’adhérer à un GE et d’en utiliser le personnel - tandis que les entreprises publiques locales (EPL ou économie mixte, mais de droit privé) en bénéficiaient déjà, toutefois seulement dans le secteur rural et agricole (pour les travaux saisonniers) - on voit d’autant plus l’intérêt pour les communes exploitantes agricoles avec l'essor de la fourniture directe à leur restauration collective ; la loi du 5 janvier 2006 d’orientation agricole a élargi cela aux secteurs de l’environnement et à l’entretien d’espaces verts ou des espaces publics ; les lois Cherpion - Taugourdeau du 28 juillet 2011 et “Montagne” du 28 décembre 2016 finirent d’élargir la possibilité de mise disposition dans tous les secteurs d’activité. Ces dernières lois imposeront toutefois que la participation des collectivités, leurs groupements et établissements publics reste limitée à la moitié des membres et que les mises à disposition qui leur sont faites ne représentent pas l’activité principale du GE - il s’agit donc de mutualiser avec d’autres utilisateurs privés dont les EPL ou l’ESS ; enfin le temps de mise à disposition de chaque salarié aux collectivités est encore limité à ¾ d’un temps plein annuel. D’autant qu’avec l’évolution de la doctrine fiscale en 2021, une collectivité recourant à la mise à disposition de personnel pour une activité a priori non soumise à TVA devrait bien pouvoir bénéficier de l’exonération de TVA sur ce service même si le GE est fiscalisé car comptant d’autres membres soumis quant à eux à la TVA (mais qui pourront quant à eux la récupérer par ailleurs à l’inverse des collectivités) - ce qui lève également un frein au développement de GE en SCIC avec la possibilité de facturer alors 20% moins cher aux collectivités adhérentes.

Le cadre légal, d’une part relatif à la non lucrativité des services du GE aux membres et d’autre part réglant spécialement la participation et recours des collectivités aux GE et enfin notamment postérieur à la Directive européenne relative aux marchés publics et sa transposition, explique que ni l’adhésion ni l’utilisation d’un GE par une collectivité ne paraissent nécessairement soumis aux règles de la commande publique - outre les cas de GE “in house” entre collectivités et leurs EPL. Une réponse ministérielle (réponse publiée au JO AN du 22/02/2005 à QEn°49308) considère en effet que n’entrent pas dans le champs des “contrats conclus à titre onéreux” de l’article L2 du code de la commande publique, les services assurés de manière non lucrative -ce qui caractérise les GE et notamment “les conventions qui incluent des clauses prévoyant le remboursement des seuls frais engagés.” - ce dont pourront s’assurer les collectivités en mobilisant la possibilité offerte à cette fin par l’article L1253-8 du code du travail selon lequel les statuts “peuvent également prévoir des modalités de responsabilité spécifiques pour les collectivités territoriales membres du groupement.”

Focus : GEIQ

Les groupements qui organisent des parcours d'insertion et de qualification pour les salariés rencontrant des difficultés d'insertion qu'ils mettent à la disposition de leurs membres peuvent être reconnus comme des groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification” (GEIQ) selon l’article L1253-1 du code du travail. Les articles D1253-45 et suivants du même code confient leur agrément à la Fédération française des GEIQ (FFGEIQ) dont ils sont tous adhérents. La FFGEIQ recense en 2024, 205 GEIQ associatifs réunissant 8612 membres employeurs partagés dont 2% de collectivités (170) employant 16 642 personnes accompagnées (86% de public prioritaire) le sont essentiellement en contrat de professionnalisation (79% - même si l’éligibilité” de ces derniers aux collectivités pose encore problème) voire d’apprentissage (18%). Une quinzaine de GEIQ agissent dans les domaines agricoles et des espaces verts, voire une vingtaine en ajoutant le domaine agroalimentaire. Les GEIQ apparaissent surtout utiles à la préparation d’un recrutement par l’un des membres co-employeur. Enfin, la mission gouvernementale de 2023 sur le développement des GE agricoles, formulait la recommandation suivante : “Aux groupements d’employeurs agricoles et à leurs représentants : encourager les groupements d’employeurs agricoles, notamment les groupements d’employeurs départementaux, à s’articuler avec un groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ), à créer ou à étendre, afin de faciliter leur recrutement de salariés “.

Les GEIQ obéissent au cadre légal commun aux GE, notamment pour leurs relations aux collectivités. Cependant, les GEIQ sont des partenaires particuliers des politiques d’insertion et notamment d’achat public pour faciliter la mise en œuvre de clauses d’insertion de divers marchés par les soumissionnaires ou délégataires privés adhérents, voire pour répondre à des marchés d’insertion.

 

A quelles conditions une collectivité peut-elle mettre à disposition de l'ESS son foncier agricole ?

Des collectivités se sont interrogées quant aux possibilités de mise à disposition de leur foncier agricole au bénéfice d’initiatives de l’ESS.

Les développements qui suivent ne concernent que l’hypothèse d’une mise à disposition et non celle d’une cession définitive d’une parcelle agricole publique. De manière plus générale, le foncier agricole d’une collectivité relève a priori de son “domaine privé” et non pas de son “domaine public”, sauf cas particulier (c’est le sens de la réponse ministérielle publiée dans le JO Sénat du 07/06/2018 à QE n°02205). L'article L2221-1 CG3P sur la libre gestion du domaine privé a été récemment confirmé par Conseil d'Etat (CE, 02/12/2022, n°460100) : contrairement à la mise à disposition du domaine public, il n’y a pas d’obligation de mise en concurrence même en présence d’une activité économique.

Toutefois la diversité des modes d’organisation socialement innovants qui caractérise l’ESS complique parfois leur appréhension par la réglementation des modes d’exploitation agricole, le statut et régime social d’agriculteur, l’éligibilité aux aides de la PAC, etc. Par exemple, le statut d’agriculteur en SCOP et SCIC n’a été reconnu que récemment (voir notre article sur le décret de mai 2023) et reste à parfaire. Or les exploitants traditionnels bénéficient d’une priorité à l’installation garantie par le statut des baux ruraux d’une part et par un régime d’autorisation préfectoral sur les surfaces de plus de 12,5 hectares voire plus selon les régions d’autre part. Cette priorité peut parfois contrarier les desseins d’une collectivité ou les politiques publiques locales (voir réponse ministérielle publiée dans le JO Sénat du 13/02/2025, QE n°01990). Quelles sont les possibilités pour une collectivité de mettre  à disposition  son foncier agricole auprès notamment d’acteurs de l’ESS? Quelques éclairages juridiques et illustrations.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

  • Le bail rural de droit commun, avec possibilité de clauses environnementales

En l’absence d’autre exploitant prioritaire, la collectivité peut recourir aux baux ruraux de droit commun, d’une durée minimum renouvelable de 9 ans, au loyer (“fermage”) encadré par arrêté préfectoral et offrant droit de préemption au preneur, voire recourir au  « bail de petites parcelles » dérogatoire sur la durée, le prix notamment. 

L’introduction de clauses environnementales peut garantir un cahier des charges cohérent notamment avec le PAT, y compris pour garantir une agriculture biologique. Le CEREMA souligne l’intérêt des baux ruraux à clauses environnementales (BRE) tant pour les communes que les départements pour la gestion de terrains acquis dans le cadre de la politique des espaces naturels sensibles.

Près de Dijon, la commune de Longvic disposait de terres en jachère. Le conseil municipal a voté à l’unanimité la location d’un hectare de terrain en bail rural de 9 ans à un atelier chantier d’insertion « Le champ des sourires ». L’association était à la recherche de terrain pour installer une ferme florale destinée à réduire l’isolement et autonomiser les femmes via des activités professionnelles liées à la culture des fleurs. 

Les montages peuvent parfois être plus complexes, notamment en cas d’habitation :

La SCIC Passeur de terres est une coopérative régionale d’acquisition de foncier agricole, outil local de Terre de Liens Pays de la Loire. Elle est en 2025 propriétaire de 18 fermes. Le bâti et les édifices sont propriétés des paysans mais avec obligation à leur départ de les revendre à Passeur de terres ou au paysan qui prend la suite. A Bouaye (44), Passeur de terres a acheté la partie agricole de la Ferme de Bois Olive. Le propriétaire qui louait la maison à décidé de la vendre mais Passeur de terres n’avait pas les moyens de l’acheter. Passeurs de terres a sollicité Nantes Métropole qui s’est positionnée pour acheter cette maison et, n’ayant pas la compétence habitat, s’est tourné vers le bailleur social Une famille Un toit. Avec l’aide de juristes, les partenaires ont fait en sorte de proposer 2 baux indissociables : un bail à domaine congéable avec clauses environnementales et un bail rural d’habitation.

  • Le Commodat ou prêt à usage

Régi par les articles 1875 à 1891 du Code civil, le commodat ou prêt à usage est un contrat par lequel le propriétaire laisse gratuitement son bien à la disposition d’un exploitant pour une durée déterminée ou indéterminée. Sa gratuité l'exclut du champ de l’article L 411-1 du CRPM qui ne vise que la mise à disposition « à titre onéreux » d’une part et surtout, ne constitue pas une libéralité illégale, notamment pour un terrain agricole (Réponse Ministérielle publiée au JO du Sénat du 30/08/2018 à QE n°01803), cette gratuité n’a donc pas à être justifiée comme une subvention en nature. Le qualificatif onéreux est étendu aux principaux cas de contreparties suivants à bien éviter : versement d’une contrepartie financière même modique et inférieure aux minima de l’arrêté préfectoral des fermages ; livraison en contre échange de récoltes ou d’autres denrées ; réalisation de travaux d’entretien du fonds, des cultures par le bénéficiaire ; paiement par le bénéficiaire de l’impôt foncier ou de l’assurance du bien à la charge initialement du propriétaire ; hébergement, entretien du propriétaire etc

  • Le bail emphytéotique

Distinct du “bail de long terme”, et prévu par les articles L 451-1 et suivants du CRPM, le bail emphytéotique est un bail rural mais qui échappe au statut du fermage. Il se caractérise par sa durée qui doit être au minimum de plus de 18 ans et au maximum de 99 ans, par son prix (appelé canon) qui doit être faiblevoire modique (sans pour autant constituer une aide publique indirecte), et par la faculté du preneur de réaliser tous les travaux qu’il souhaite, lesquels deviendront la propriété du bailleur à l’échéance du contrat sans ouvrir droit à indemnités au profit du locataire. C’est toutefois un droit réel immobilier qui est donc librement cessible, susceptible d’hypothèques, saisissable par les créanciers du preneur et pouvant faire l’objet de sous-location mais les collectivités pourront limiter ces libertés en optant plutôt pour un bail emphytéotique administratif.

  • La convention SAFER de mise à disposition

Il s’agit selon l’article L142-6 CRPM, pour un propriétaire, qui peut être la collectivité, de mettre à la disposition de la SAFER ses terres afin qu’elles soient mises en valeur par un ou plusieurs exploitants. La durée de cette convention ne peut excéder six ans, renouvelable une fois et ce quelque soit la surface concernée par la convention. A cet effet, la SAFER consent des baux qui ne sont pas soumis au statut du fermage sauf en ce qui concerne le prix (il faut respecter l’arrêté préfectoral portant sur les valeurs locatives). La recherche d’un preneur ainsi que l’état des lieux sont notamment réalisés par la SAFER elle-même. Une collectivité peut ainsi demander à la SAFER le respect de ses priorités, comme en prévoyant la mise à disposition plutôt à des exploitants en bio et/ou en insertion ou bien à une couveuse d’entreprises d’activités agricoles (tel que l’a fait par exemple la Métropole Aix-Marseille-Provence au bénéfice d’une couveuse associative, par délibération d’avril 2022).

Le temps  de montage d’un projet collectif est plus long que celui d’un projet individuel. Pour répondre à cet enjeu le Département d’Ille-et-Vilaine a créé le dispositif de portage foncier qui permet de faciliter l’accès au foncier d’un public non issu du milieu agricole avec des projets agriruraux innovants. Il se traduit concrètement par une mise en réserve de biens fonciers agricoles pour une durée maximale de 2 ans, dans le cadre d’une convention avec la SAFER Bretagne. Ce dispositif permet de ne pas rater d’opportunités foncières tout en laissant le temps à des projets collectifs, multi-activité… de s’organiser. Les projets sont retenus selon des critères précis : avoir validé la capacité professionnelle agricole, démontrer la faisabilité et la viabilité du projet, s'inscrire dans une installation hors cadre familial et dont la production répond à des critères de durabilité : économe en intrants ou diversifié ou à forte valeur ajoutée. Le Département prend en charge les frais générés par le stockage : acquisition, mise en réserve (impôt foncier, frais de gestion, rémunération Safer....) dans la limite de 15 000€ par dossier. Ce dispositif permet de ne pas rater d'opportunités et de laisser une place à d’autres formes d’agriculture.

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Des collectivités se sont interrogées quant aux possibilités de mise à disposition de leur foncier agricole au bénéfice d’initiatives de l’ESS.

Les développements qui suivent ne concernent que l’hypothèse d’une mise à disposition et non celle d’une cession définitive d’une parcelle agricole publique. De manière plus générale, le foncier agricole d’une collectivité relève a priori de son “domaine privé” et non pas de son “domaine public”, sauf cas particulier (c’est le sens de la réponse ministérielle publiée dans le JO Sénat du 07/06/2018 à QE n°02205). L'article L2221-1 CG3P sur la libre gestion du domaine privé a été récemment confirmé par Conseil d'Etat (CE, 02/12/2022, n°460100) : contrairement à la mise à disposition du domaine public, il n’y a pas d’obligation de mise en concurrence même en présence d’une activité économique.

Toutefois la diversité des modes d’organisation socialement innovants qui caractérise l’ESS complique parfois leur appréhension par la réglementation des modes d’exploitation agricole, le statut et régime social d’agriculteur, l’éligibilité aux aides de la PAC, etc. Par exemple, le statut d’agriculteur en SCOP et SCIC n’a été reconnu que récemment (voir notre article sur le décret de mai 2023) et reste à parfaire. Or les exploitants traditionnels bénéficient d’une priorité à l’installation garantie par le statut des baux ruraux d’une part et par un régime d’autorisation préfectoral sur les surfaces de plus de 12,5 hectares voire plus selon les régions d’autre part. Cette priorité peut parfois contrarier les desseins d’une collectivité ou les politiques publiques locales (voir réponse ministérielle publiée dans le JO Sénat du 13/02/2025, QE n°01990). Quelles sont les possibilités pour une collectivité de mettre  à disposition  son foncier agricole auprès notamment d’acteurs de l’ESS? Quelques éclairages juridiques et illustrations.

La FAQ juridique est réservée aux collectivités adhérentes du RTES. Dans le cadre de TRESSONS 2024/2025, le RTES ouvre sa FAQ juridique à toutes les collectivités rurales, sur les questions autour de l'appui à l'installation agricole, des formes d'emploi, et plus largement du soutien à la création d'activités en lien avec l'ESS. Cette question juridique est donc disponible pour toutes les collectivités, adhérentes et non adhérentes au RTES. Retrouvez toutes les questions juridiques traitées dans notre Foire aux Questions juridique !

  • Le bail rural de droit commun, avec possibilité de clauses environnementales

En l’absence d’autre exploitant prioritaire, la collectivité peut recourir aux baux ruraux de droit commun, d’une durée minimum renouvelable de 9 ans, au loyer (“fermage”) encadré par arrêté préfectoral et offrant droit de préemption au preneur, voire recourir au  « bail de petites parcelles » dérogatoire sur la durée, le prix notamment. 

L’introduction de clauses environnementales peut garantir un cahier des charges cohérent notamment avec le PAT, y compris pour garantir une agriculture biologique. Le CEREMA souligne l’intérêt des baux ruraux à clauses environnementales (BRE) tant pour les communes que les départements pour la gestion de terrains acquis dans le cadre de la politique des espaces naturels sensibles.

Près de Dijon, la commune de Longvic disposait de terres en jachère. Le conseil municipal a voté à l’unanimité la location d’un hectare de terrain en bail rural de 9 ans à un atelier chantier d’insertion « Le champ des sourires ». L’association était à la recherche de terrain pour installer une ferme florale destinée à réduire l’isolement et autonomiser les femmes via des activités professionnelles liées à la culture des fleurs. 

Les montages peuvent parfois être plus complexes, notamment en cas d’habitation :

La SCIC Passeur de terres est une coopérative régionale d’acquisition de foncier agricole, outil local de Terre de Liens Pays de la Loire. Elle est en 2025 propriétaire de 18 fermes. Le bâti et les édifices sont propriétés des paysans mais avec obligation à leur départ de les revendre à Passeur de terres ou au paysan qui prend la suite. A Bouaye (44), Passeur de terres a acheté la partie agricole de la Ferme de Bois Olive. Le propriétaire qui louait la maison à décidé de la vendre mais Passeur de terres n’avait pas les moyens de l’acheter. Passeurs de terres a sollicité Nantes Métropole qui s’est positionnée pour acheter cette maison et, n’ayant pas la compétence habitat, s’est tourné vers le bailleur social Une famille Un toit. Avec l’aide de juristes, les partenaires ont fait en sorte de proposer 2 baux indissociables : un bail à domaine congéable avec clauses environnementales et un bail rural d’habitation.

  • Le Commodat ou prêt à usage

Régi par les articles 1875 à 1891 du Code civil, le commodat ou prêt à usage est un contrat par lequel le propriétaire laisse gratuitement son bien à la disposition d’un exploitant pour une durée déterminée ou indéterminée. Sa gratuité l'exclut du champ de l’article L 411-1 du CRPM qui ne vise que la mise à disposition « à titre onéreux » d’une part et surtout, ne constitue pas une libéralité illégale, notamment pour un terrain agricole (Réponse Ministérielle publiée au JO du Sénat du 30/08/2018 à QE n°01803), cette gratuité n’a donc pas à être justifiée comme une subvention en nature. Le qualificatif onéreux est étendu aux principaux cas de contreparties suivants à bien éviter : versement d’une contrepartie financière même modique et inférieure aux minima de l’arrêté préfectoral des fermages ; livraison en contre échange de récoltes ou d’autres denrées ; réalisation de travaux d’entretien du fonds, des cultures par le bénéficiaire ; paiement par le bénéficiaire de l’impôt foncier ou de l’assurance du bien à la charge initialement du propriétaire ; hébergement, entretien du propriétaire etc

  • Le bail emphytéotique

Distinct du “bail de long terme”, et prévu par les articles L 451-1 et suivants du CRPM, le bail emphytéotique est un bail rural mais qui échappe au statut du fermage. Il se caractérise par sa durée qui doit être au minimum de plus de 18 ans et au maximum de 99 ans, par son prix (appelé canon) qui doit être faiblevoire modique (sans pour autant constituer une aide publique indirecte), et par la faculté du preneur de réaliser tous les travaux qu’il souhaite, lesquels deviendront la propriété du bailleur à l’échéance du contrat sans ouvrir droit à indemnités au profit du locataire. C’est toutefois un droit réel immobilier qui est donc librement cessible, susceptible d’hypothèques, saisissable par les créanciers du preneur et pouvant faire l’objet de sous-location mais les collectivités pourront limiter ces libertés en optant plutôt pour un bail emphytéotique administratif.

  • La convention SAFER de mise à disposition

Il s’agit selon l’article L142-6 CRPM, pour un propriétaire, qui peut être la collectivité, de mettre à la disposition de la SAFER ses terres afin qu’elles soient mises en valeur par un ou plusieurs exploitants. La durée de cette convention ne peut excéder six ans, renouvelable une fois et ce quelque soit la surface concernée par la convention. A cet effet, la SAFER consent des baux qui ne sont pas soumis au statut du fermage sauf en ce qui concerne le prix (il faut respecter l’arrêté préfectoral portant sur les valeurs locatives). La recherche d’un preneur ainsi que l’état des lieux sont notamment réalisés par la SAFER elle-même. Une collectivité peut ainsi demander à la SAFER le respect de ses priorités, comme en prévoyant la mise à disposition plutôt à des exploitants en bio et/ou en insertion ou bien à une couveuse d’entreprises d’activités agricoles (tel que l’a fait par exemple la Métropole Aix-Marseille-Provence au bénéfice d’une couveuse associative, par délibération d’avril 2022).

Le temps  de montage d’un projet collectif est plus long que celui d’un projet individuel. Pour répondre à cet enjeu le Département d’Ille-et-Vilaine a créé le dispositif de portage foncier qui permet de faciliter l’accès au foncier d’un public non issu du milieu agricole avec des projets agriruraux innovants. Il se traduit concrètement par une mise en réserve de biens fonciers agricoles pour une durée maximale de 2 ans, dans le cadre d’une convention avec la SAFER Bretagne. Ce dispositif permet de ne pas rater d’opportunités foncières tout en laissant le temps à des projets collectifs, multi-activité… de s’organiser. Les projets sont retenus selon des critères précis : avoir validé la capacité professionnelle agricole, démontrer la faisabilité et la viabilité du projet, s'inscrire dans une installation hors cadre familial et dont la production répond à des critères de durabilité : économe en intrants ou diversifié ou à forte valeur ajoutée. Le Département prend en charge les frais générés par le stockage : acquisition, mise en réserve (impôt foncier, frais de gestion, rémunération Safer....) dans la limite de 15 000€ par dossier. Ce dispositif permet de ne pas rater d'opportunités et de laisser une place à d’autres formes d’agriculture.

Retour sur le webinaire Collectivités & PTCE en région Centre-Val de Loire

La Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS) du Centre-Val de Loire, la Préfecture de région Centre-Val de Loire et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) organisaient le jeudi 3 octobre dernier un webinaire “La coopération comme levier de développement économique pour les territoires”.

Ce webinaire a présenté l'historique et l'actualité de la démarche des PTCE ainsi que le rôle des collectivités dans l'appui de ces dynamiques de coopérations économiques. Katia Torres, correspondante régionale ESS au SGAR a rappelé la politique de l'État de soutien à l’émergence des PTCE. Convaincu que l’ESS participe au développement et à l’attractivité des territoires, l’État investit, depuis 2021, 2 millions et demi d’euros par an au niveau national pour offrir aux PTCE un accompagnement et un soutien financier, au travers de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI). Aujourd’hui, 8 PTCE lauréats de l’AMI se trouvent en Centre-Val de Loire, au sein de 4 départements.

Simon Bouret, chargé de mission coopération territoriale et économique à la CRESS Centre-Val de Loire, a rappelé l’origine du concept de PTCE, au tout début des années 2010, et leur inscription dans la loi sur l’ESS de 2014. Pour rappel, les principales clés des PTCE sont :

  • Leur ancrage territorial ;
  • Leur activité économique : au-delà de la mission de l’intérêt général, l’utilité sociale, la création d’une activité économique quasi auto-financée grâce à l’hybridation du type d’acteurs et de projets du territoire ;
  • Leurs activités engagées dans la transition écologique et solidaire ;
  • Leur rôle de catalyseur.

Anne-Laure Federici, déléguée générale du RTES, a répondu à la question : acteurs économiques et collectivités, comment coopérer au service du territoire ? Le RTES s’est engagé dans la démarche d’action-recherche à l’origine des PTCE dès 2009. Il est aussi membre de la Cellule Nationale d’Animation, en particulier autour du rôle des collectivités dans les dynamiques de PTCE (avec la production d’outils pour les collectivités). En 2020, 1 PTCE sur 2 avait au moins une collectivité locale dans ses membres. Les leviers d’action et sources de soutien d’une collectivité envers un PTCE peuvent être notamment :

  • Aider au repérage, à la mise en lien entre acteurs et à la compréhension du territoire et de ses orientations ;
  • Aider au fonctionnement, avec des financements dédiés par exemple à l’animation des pôles et inscrits dans le temps (convention pluriannuelle d’objectifs par exemple) ;
  • Aider à l’investissement, que ce soit pour du matériel mutualisé, des locaux… ;
  • Apporter du conseil et de l’ingénierie, accompagner le PTCE sur les volets technique et administratif (la réciproque pouvant aussi être vraie...) ;
  • Faciliter l’accès au foncier (repérage d’opportunité foncière, portage de l’investissement immobilier, mise à disposition de locaux ou terrains...) ;
  • Faire appel aux biens et services proposés par le PTCE (dans le cadre de DSP, de marchés publics... ), ou au savoir-faire et à l'ingénierie des PTCE en matière de coopération ;
  • Être acteur du PTCE et coopérer avec les acteurs du territoire (contribution à la gouvernance et au développement de ses activités).

Retour d'expérience de TAC 18 (Cher) 

Le PTCE TAC 18 a une double vocation : développer une économie circulaire, durable et locale et être vecteur d’utilité sociale. Pour ce faire, les acteurs travaillent à la co-construction de solutions innovantes permettant de répondre aux besoins non pourvus dans les territoires, tout en s’appuyant sur les compétences et ressources déjà en place localement. 2 thématiques sont développées : l’accueil du jeune enfant et la gestion des déchets (biodéchets et déchets informatiques). À l’origine en 2016, les structures ESS souhaitaient travailler ensemble avec les acteurs locaux. La création de l’association Collectif ESS 18 en 2020 a permis de mettre en lien les acteurs, ainsi que de mener le travail de recherche de captation des besoins du territoire. Ce PTCE crée de la valeur ajoutée sur le territoire notamment rural en étant facilitateur et mobilisateur du réseau quand il y a une problématique. Plus d’une cinquantaine de structures travaillent avec lui.

Retour d'expérience de Ci&el - Gatinais Montargois (Loiret) 

Comment coopérer pour une transition environnementale et sociale juste ? Né en 2021, le PTCE était parmi les 15 lauréat.es de l’AMI de l‘État « PTCE émergents » en 2021. Système de coopération et de mutualisation pour limiter les déchets, partager les services, lieux et compétences, le PTCE Ci&el s’active pour l’inclusion et le développement de l’économie locale. En expérimentant l’écologie industrielle et territoriale, avec des équipements électriques et électroniques, le but est de renforcer le potentiel de la coopération locale. Petit à petit, les collectivités ont rejoint les expérimentations (communes et communautés d’agglomération). Certaines sont devenues adhérentes.

Pour aller plus loin : 

Les 5 et 6 décembre 2024 se sont tenues les rencontres nationales annuelles des PTCE. Lire l’article du RTES en cliquant ici.

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

La Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS) du Centre-Val de Loire, la Préfecture de région Centre-Val de Loire et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) organisaient le jeudi 3 octobre dernier un webinaire “La coopération comme levier de développement économique pour les territoires”.

Ce webinaire a présenté l'historique et l'actualité de la démarche des PTCE ainsi que le rôle des collectivités dans l'appui de ces dynamiques de coopérations économiques. Katia Torres, correspondante régionale ESS au SGAR a rappelé la politique de l'État de soutien à l’émergence des PTCE. Convaincu que l’ESS participe au développement et à l’attractivité des territoires, l’État investit, depuis 2021, 2 millions et demi d’euros par an au niveau national pour offrir aux PTCE un accompagnement et un soutien financier, au travers de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI). Aujourd’hui, 8 PTCE lauréats de l’AMI se trouvent en Centre-Val de Loire, au sein de 4 départements.

Simon Bouret, chargé de mission coopération territoriale et économique à la CRESS Centre-Val de Loire, a rappelé l’origine du concept de PTCE, au tout début des années 2010, et leur inscription dans la loi sur l’ESS de 2014. Pour rappel, les principales clés des PTCE sont :

  • Leur ancrage territorial ;
  • Leur activité économique : au-delà de la mission de l’intérêt général, l’utilité sociale, la création d’une activité économique quasi auto-financée grâce à l’hybridation du type d’acteurs et de projets du territoire ;
  • Leurs activités engagées dans la transition écologique et solidaire ;
  • Leur rôle de catalyseur.

Anne-Laure Federici, déléguée générale du RTES, a répondu à la question : acteurs économiques et collectivités, comment coopérer au service du territoire ? Le RTES s’est engagé dans la démarche d’action-recherche à l’origine des PTCE dès 2009. Il est aussi membre de la Cellule Nationale d’Animation, en particulier autour du rôle des collectivités dans les dynamiques de PTCE (avec la production d’outils pour les collectivités). En 2020, 1 PTCE sur 2 avait au moins une collectivité locale dans ses membres. Les leviers d’action et sources de soutien d’une collectivité envers un PTCE peuvent être notamment :

  • Aider au repérage, à la mise en lien entre acteurs et à la compréhension du territoire et de ses orientations ;
  • Aider au fonctionnement, avec des financements dédiés par exemple à l’animation des pôles et inscrits dans le temps (convention pluriannuelle d’objectifs par exemple) ;
  • Aider à l’investissement, que ce soit pour du matériel mutualisé, des locaux… ;
  • Apporter du conseil et de l’ingénierie, accompagner le PTCE sur les volets technique et administratif (la réciproque pouvant aussi être vraie...) ;
  • Faciliter l’accès au foncier (repérage d’opportunité foncière, portage de l’investissement immobilier, mise à disposition de locaux ou terrains...) ;
  • Faire appel aux biens et services proposés par le PTCE (dans le cadre de DSP, de marchés publics... ), ou au savoir-faire et à l'ingénierie des PTCE en matière de coopération ;
  • Être acteur du PTCE et coopérer avec les acteurs du territoire (contribution à la gouvernance et au développement de ses activités).

Retour d'expérience de TAC 18 (Cher) 

Le PTCE TAC 18 a une double vocation : développer une économie circulaire, durable et locale et être vecteur d’utilité sociale. Pour ce faire, les acteurs travaillent à la co-construction de solutions innovantes permettant de répondre aux besoins non pourvus dans les territoires, tout en s’appuyant sur les compétences et ressources déjà en place localement. 2 thématiques sont développées : l’accueil du jeune enfant et la gestion des déchets (biodéchets et déchets informatiques). À l’origine en 2016, les structures ESS souhaitaient travailler ensemble avec les acteurs locaux. La création de l’association Collectif ESS 18 en 2020 a permis de mettre en lien les acteurs, ainsi que de mener le travail de recherche de captation des besoins du territoire. Ce PTCE crée de la valeur ajoutée sur le territoire notamment rural en étant facilitateur et mobilisateur du réseau quand il y a une problématique. Plus d’une cinquantaine de structures travaillent avec lui.

Retour d'expérience de Ci&el - Gatinais Montargois (Loiret) 

Comment coopérer pour une transition environnementale et sociale juste ? Né en 2021, le PTCE était parmi les 15 lauréat.es de l’AMI de l‘État « PTCE émergents » en 2021. Système de coopération et de mutualisation pour limiter les déchets, partager les services, lieux et compétences, le PTCE Ci&el s’active pour l’inclusion et le développement de l’économie locale. En expérimentant l’écologie industrielle et territoriale, avec des équipements électriques et électroniques, le but est de renforcer le potentiel de la coopération locale. Petit à petit, les collectivités ont rejoint les expérimentations (communes et communautés d’agglomération). Certaines sont devenues adhérentes.

Pour aller plus loin : 

Les 5 et 6 décembre 2024 se sont tenues les rencontres nationales annuelles des PTCE. Lire l’article du RTES en cliquant ici.

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